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La Porte des Lions, à Mycènes

« Trésor d'Atrée » à une de lim.50'. La fermeture était assurée par un ou deux vantaux, mesurant jusqu'à 1"',60 de large.

Le soutien isolé était communément constitué par un fût en bois, dressé sur une base lapidaire et tixé à elle au moyen de tenons ; mais on le faisait aussi tout en pierre.

1 Porte des Lions : hauteur 3m,2l), largeur au sommet 2-. 85. largeur à la base :>.07. Porte du Trésor d'Atrée : hauteur 5">,40. largeur au sommet 2m,S5. largeur à la base 2", 75.

L ARCHITECTURE MYCENIENNE

Le sol était une aire soit de terre battue, soit de cailloux liés par un mortier de chaux, dont on superposait jusqu'à trois lits. On confection-

132. — Systèmes de couverture mycéniens. [. Tholos > du Trésor d'Alrée à Mycènes. — II. Galerie dans la muraille occidentale du château de Tirjntkc.

nait une canalisation avec un cours de tuiles concaves et oblongues en terre cuite, posées dans des rigoles en maçonnerie.

Pour la couverture, le mode normal était un plafond en charpente soulagé au besoin par des soutiens isolés1. Aussi bien l'existence d'un

1 Tel le quinconce de quatre colonnes disposé au centre, du grand mégaron, du palais de Tirynthe (128, h, n» S).

foyer central dans le mégaron exigeait-elle dans la partie correspondante du toit une ouverture dont l'agencement est inconnu.

Cependant les constructeurs mycéniens savaient fermer en pierre, par l'artifice de l'encorbellement des assises, le vide d'une galerie — témoin les casemates du château de Tirynthe (132, n) larges de 2 mètres, hautes de 3 — ou celui d'une salle occupant, comme la chambre du « Trésor d'Atrée», un cercle de près de 168 mètres carrés. Dans le second cas, ils obtenaient une coupole ellipsoïdale à trois centres1 132, i), par le système égyptien appliqué aux tombes d'Abydos 2, d'un empilage d'anneaux de diamètre de plus en plus petit, avec occlusion du dernier cercle par une dalle et ravalement des ressauts après achèvement de la construction. Ils procédaient d'ailleurs économiquement, limitant le dressage des faces jointives verticales à une lisière étroite du côté antérieur du bloc et réalisant la continuité de l'extrados par une garniture des vides avec des pierres et de la terre.

Quant à la toiture, c'était tantôt un plateau de terre foulée, tantôt uneomble à deux ou quatre versants dont il est question dans les poèmes homériques et qu'imitent des sarcophages en forme de maison.

l'effet

Autant que son aînée Cretoise, l'architecture mycénienne aimait l'effet et ses goûts furent semblables aux siens.

Sa compréhension de l'effet monumental se manifeste dans l'ordonnance de ses palais et de ses tombeaux. Avec ses propylées, ses cours redoublées, ses portiques, son mégaron exhaussé de deux degrés et précédé d'une antichambre à trois portes et d'un vestibule sur colonnes, la demeure du souverain de Tirynthe ne manquait ni d'apparence ni de caractère; et, vraiment, ce fut une conception grandiose que celle du « Trésor d'Atrée » avec son avenue longue de 35 mètres et large de 6, son grand portail percé d'une ample baie haute de 5m,40, son couloir préliminaire, sa vaste chambre domicale édifiée sur un diamètre et avec une élévation d'une quinzaine de mètres, enfin son réduit final à l'extrémité d'un dernier passage. Aussi bien, nous le verrons bientôt, l'architecture hellé-

1 Cf. p. 70 et fig. 42, vu.

2 Au Trésor d'Atrée le nombre des anneaux est de trente-trois.

nique a-t-elle cru devoir faire siens les deux éléments essentiels des programmes mycéniens, le propylée et le mégaron, ce dernier prototype du temple grec.

11 paraît bien que l'architecture mycénienne goûtait les elléts secondaires de plastique monumentale ; mais elle devait compter avec l'insuffisance de son outillage.

L'appareil en pierre ne comportait point de modénature: toutefois, les

133. — Partir du plafond du tombeau d'Orchomène (schiste gravé). (D'après Schliemann, Orchomenos.)

murs tenaient un rudiment de modelé de la saillie que leur soubassement en pierre taisait souvent par rapport au parement supérieur, du débord de la charpenterie de la couverture,, voire du relief, faible à la vérité, d'étroits bandeaux de frise (135, i) ; en façade, il était relevé par les accidents de portails monumentaux avec ébrasement à ressauts, colonnes engagées et tableaux en relief — tels celui du « Trésor d'Atrée » ou celui des Lions à l'entrée du château de Mycènes (131).

La conformation du soutien isolé mycénien rappelle, en plus svelte, celle des colonnes Cretoises. Taillé en tronc de cône renversé, le fût était tantôt lisse tantôt rainé de cannelures nombreuses, peu profondes,

EFFETS DE PARUHE

presque jointives (134, m, iv) tantôt encore sculpté ou guilloché (134, n). Une base était de règle, constituée par un ou deux disques, à peine plus large que le bas du tronc. Quant au chapiteau, il superposait une ou plusieurs tablettes, dont la tranche était généralement nue, parfois rehaussé»' de disques comme à la Porte des Lions, à un ou plusieurs coussins profilés en tores, en gorges, en cimaises et généralement relevés d'un décor en relief (134, i; 131).

L'architecture mycénienne eut un faible pour les effets de parure.

Elle aima ceux de matière qu'elle demandait à des enduits d'ailleurs nécessaires à la conservation d'une muraille en terre crue ; à des revêtements, également utiles, en bois de pays ou exotiques ; à l'emploi de certaines variétés de calcaire siliceux offrant l'apparence de brèches, de porphyres, de basaltes ;

à l'ilSage en ffrandd'ap- Trésor d'Atrée. — III. Fragment de colonnette (ivoire). — IV. Colonne

engagée (Mycènes).

plications de métaux,

de substances précieuses et de pâtes de verre qu'indiquent à la fois les nombreuses traces de scellements observables sur les murs (130, vm) et le témoignage, à la vérité suspect d'exagération poétique, des poèmes homériques célébrant la splendeur du palais de Ménélas à Sparte, tout illuminé par l'éclat du bronze, de l'argent, de l'or, de l'ivoire, de l'ambre, et celle de la demeure d'Alkinoos, avec ses parois plaquées de bronze, ses portes et ses colonnes lamées d'argent et d'or.

A cette passion du brillant répondait chez les artistes mycéniens l'amour de la couleur. Ils tiraient parti de la teinte verte ou rougeàtre de certains de leurs matériaux ; ils badigeonnaient les murs de blanc, de bleu, d'ocre, de rouge brun ; ils y développaient des fresques dont quelques fragments sont parvenus jusqu'à nous; ils y incrustaient des pâtes de verre bleu; enfin, il les tendaient de ces tissus multicolores dont,

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