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Autels phrygiens

Mineure offrait des ressources en bois — chêne, pin, cèdre — qu'elle refuse de plus en plus à la moderne. Aussi la construction en charpente régnait-elle en souveraine

sur les pays hauts, en Phrygie et en Lycie ; ailleurs, elle partageait son empire avec celle qui use de terre, moulée ou non en carreaux.

Grâce aux tombeaux, nous l'avons dit, la structure de la maison lycienne nous est parfaitement connue ( 140, i ; 141 ; 143, ix). Deux cadres horizontaux pareils, faits de quatre madriers assemblés d'équerre, l'un à terre et formant soubassement, l'autre soutenu au-dessus du premier par quatre montants reliant les angles correspondants, constituaient un squelette dont les vides étaient fermés au moyen d'un remplissage en pisé, en briques crues ou en bois.

L'édicule devait un aspect très original aux nombreuses protubérances de son ossature et à la forme en crosse de plusieurs d'entre elles. Les premières résultaient de deux pratiques de la charpenterie lycienne qui, d'une part, pratiquant l'assemblage à mi-bois, faisait déborder les tètes de poutres croisées fort au delà du point de jonction (140. i) et, de l'autre,

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forcée par le manque de gros bois d'employer des poutrelles jumelées, les serrait de distance en distance au moyen d'une sorte de mâchoire (140, ni, iv, y). Quant à l'incurvation sus-mentionnée, elle était commandée par un défaut commun aux arbres du pays qui, nés sur des pentes abruptes ne peuvent prendre une direction verticale qu'après avoir poussé perpendiculairement au sol (140, n).

Moins forestières, mais plus riches en argile, la Phrygie et la Lydie préféraient la terre, dont elles usaient tantôt pour garnir des clayonnages en

140. — Procédés de la construction préhellénique en Asie Mineure.

I. Cliai'penlerie lycienne. — II. Bois lyciens. — III-V. Assemblages lyciens. — VI. Monument rupeslre à Bekchich. Vil. Structure du tombeau de Tantale. — VIII, IV. Appareils lyciens.

roseaux, tantôt pour monter sur des soubassements eu pierres liées par un mortier de boue des murs en briques crues — témoin le temple de Gordion qui, d'ailleurs, était muni de revêtements en poterie — tantôt en briques cuites — à preuve le palais royal de Sardes.

Quant à la construction lapidaire, elle pouvait, grâce à la possession d'un outillage en fer, produire mieux et à meilleur compte que celle de l'âge précédent. De fait, elle se plaisait et s'entendait à la taille ; sachant sculpter dans le roc tout ou partie d'un édicule et imposer à ses matériaux des formes régulières ; de plus en plus, pour la conformation du soutien isolé on substituait la pierre au bois

LA CONSTRUCTION

Si l'appareil polygonal restait en faveur, il n'était plus, comme jadis, un grossier empilage de masses brutes, mais un assemblage soigné de blocs bien parés. Mieux encore, il y avait tendance marquée au nivellement des lits, même quand l'appareil était polygonal (140, vin) ; au façonnement de blocs parallélipipédiques et au réglage des assises (140, ix : lï'2, i, n). La bâtisse s'exécutait ordinairement à joints vifs et sans scellements \ Le désir et l'art de la bâtisse solide sont révélés par le parti-pris

141. — L'héroon de G-jôlbaschi-Trysa (restitué). (D'après Benndorf et Niemann. Heroon von Gjôlbaschi.)

assez fréquemment observable de doubler les murailles et par l'ingénieux agencement du tumulus de Tantale, cloisonné par un réseau de murs intérieurs dont un circulaire et les autres rayonnant du centre (140, vu). Les baies dont les jambages s'inclinaient généralement l'un vers l'autre, avaient pour couronnement ordinaire un linteau ; cependant des façades de tombes nous apprennent que la Pbrygie pratiquait également le système de l'arc qu'elle tournait en cintres surhaussés (143, v, vu).

Pour les bâtiments modestes, du chaume ou des bottes de roseaux

' Cependant, le constructeur du tombeau d'Alyattes employa des agrafes en plomb façonnées <'ii queue d'aronde.

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fournissaient les éléments de la couverture. Gelle-ci était-elle en bois, sa disposition la plus commune était celle d'un plafond de solives et de rondins dépassant largement l'aplomb des parois et bordé d'un parapet qui retenait des terres pilonnées à sa surface (140, i; 142, vm). D'autres fois, c'était un comble à deux versants dont le faîtage -- nous le savons par les représentations qu'en exposent les façades rupestres de la Pbrygie — était porté par des soutiens dressés sur la crête des deux murs pignons et, dans l'intervalle, sur des solives de plafonds ou sur le sol même (137; 142, v, vu; 143, n, iv, vi). En Lycie, on lui imposait volontiers la

142. — Systèmes de couverture préhelléniques on Asie Mineure.

I. Chambre du tombeau d'Alyattes. — II. Id. dans le tumulus de Bélévi. — III. Id. du tombeau de Tantale. IV Couloir du (ombeau d'Alyattes. — V. Structure de comble phrygien. — VI-VII1. Ibid. de combles lyciens.

forme d'une carène renversée charpentée à la façon d'une coque de navire (1 12, vi; 143, ix). Tantôt il était apparent, tantôt masqué par un plafond. Cependant les architectures égéennes d'Asie Mineure savaient fermer un vaisseau en pierre. Elles employaient soit le système du plafond de dalles juxtaposées dont les tombes lydiennes et cariennes montrent de nombreuses applications (142, i) ; soit celui d'un empilage de cadre* débordant l'un sur l'autre dont un exemple est offert par le tombeau de Bélévi (142, n) ; soit encore celui de la fausse voûte, en berceau, à profil ogival ou en plein cintre, qu'on obtient par la montée d'assises encorbellantes et qui fut choisi pour le tombeau de Tantale et pour maint sépulcre lydien et carien (142, m). A l'occasion, on tournait un berceau clavé, à la vérité assez grossièrement réalisé en moellons, témoin celui qui couvre le couloir du tombeau d'Alyattes (142, iv).

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