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LES ARCHITECTURES PRÉHELLÉNIQUES DE L ASIE MINEURE OCCIDENTALE

surmontait un socle construit, parfois défini comme au tombeau de Tantale par des rudiments de plinthe et de corniche (143, i) ; de môme, l'élévation des frontispices rupestres est l'ébauche d'un type de façade dont il était réservé aux Grecs de parfaire la formule (143, n, iv, v, m). Même les effets de Tordre harmonique n'étaient point étrangers, à preuve la mise en proportions du tombeau de Tantale dans la silhouette duquel est exactement inscriptible un triangle équilatéral.

Quant au pittoresque, il est visé et obtenu par les édicules lyciens, qu'accidentent la manifestation de leur ossature et parles façades rupestres de la Pbrygie et de la Paphlagonie.

Pour ce qui est des effets de plastique secondaire, les architectes

144. — Conformations préhelléniques du soutien isolé en Asie Mineure.

Tombeaux à : I. Koumliel (« Tombe brisée >>), — II, V, Vil. Aya/.in. — III, IV, VIII. Iskelib. — VI. Vapouldak.

d'Asie Mineure les recherchaient moins que ceux — plus faciles à obtenir — de dessin, de gravure et de couleur. Les fouilles de Gordion ont révélé que la Pbrygie les demandait essentiellement à des revêtements en carreaux de terre cuite modelés et peints (137; 143, n). La modénature manque ou est à peine ébauchée, comme c'est le cas au tombeau de Tantale.

Les types de soutien isolé, propres aux architectures égéennes d'Asie Mineure annoncent à la fois un incontestable souci de la conformation de ce membre et d'évidents emprunts au fonds décoratif de l'ancien Orient.

La colonne que façonnaient la Pbrygie et la Paphlagonie — trapue, 1res conique, largement empattée par la forte saillie d'un tore très épais — fait penser à l'Assyrie 144, m, iv) : de même pour tel chapiteau obser-

vable dans une tombe de Koumbet (144, i) tandis que l'Egypte est rappelée par tel autre de la nécropole d'Ayazin (144, v) et par la tète d'une colonne d'Iskelib (144. vin) sculptée à l'image d'un avant-train de lion couché, thème qui, par ailleurs, évoque la Perse achéménide. Tel chapiteau de Yapouldak, tel autre d'Ayazin (144, vi, vu) exposent des volutes qui les apparentent d'une part, à l'Orient, de l'autre à la Grèce. A Ayazin, à Hambarkaïa (144, n, iv), on en voit qui sont rattachables à la famille dont le dorique grec tient la tête.

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