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PRÉLIMINAIRES

escient de la terminologie reçue, sans l'intermédiaire de périphrases dont la limpidité n’est pas la première vertu.

Il va de soi, également, qu'il sait lire les plans qu’il rencontre et qu'il fera relever ceux qui lui manquent, qu'il connaît un minimum des conventions du dessin technique, qu’il est au courant des normes et du matériel convenables. Cette discipline ne s’improvise guère. Un piètre graphisme dévalue rapidement la crédibilité d’une analyse. Or, cette donnée est indispensable ?. L’architecte parle avec le crayon qui dessine sa pensée. Il ne s’exprime pas, ou si peu, par le truchement des mots.

On ne traite pas d’architecture sans plans (terrier, coupe, élévation, isométrique, etc.), comme on ne parle pas d’une charte sans connaître la diplomatique et ce qu’elle apprend des formules des actes. Au surplus, on en édite au moins les passages principaux qui justifient l'interprétation retenue. De même, si le plan d’une bâtisse n'existe pas, on le relève et on l’édite également. A cet égard, une reconstitution archéologique sérieuse peut en être l’édition critique et supposer des «leçons » ou variantes, des états, qui explicitent la pensée *.

Au demeurant, dessiner ou lever un plan déclenche fort souvent des déductions impossibles sans cela et d’autant plus précieuses qu’elles sont cotées, chiffrées. La contrainte du relevé d’architecture a toute chance d’être bénéfique. Elle constitue parfois la seule manière de bien comprendre les interférences entre les niveaux d’un édifice, d’observer les déviations ou ruptures d’axe, de percevoir l’enchevêtrement des volumes au sein d’un complexe hétérogène, de se rendre compte des épaisseurs des murs et de leurs variations, ou de comparer entre eux, à une même échelle graphique, des bâtiments éloignés dans l’espace. Le plan au sol qui n’est pas le tout d’une construction, se

R. GINOUvÈS et A.-M. GUIMIER-SORBETS, La constitution des données en archéologie classique. Recherches et expériences en vue de la préparation de bases de données, Paris, 1978 (C.N.R.S.), surtout p. 51-60.

2 Comme manuel simple : R. DANGER, Cours de relevés d'architecture, 7° éd., Paris, 1977 (coll. « Bibliothèque de l’Institut de Topométrie »).

3 De fort bons exemples de monographies archéologiques ont été publiés par la Société française d'Archéologie : son volume 8 est de A. PRACHE, Saint-Remi de Reims. L'œuvre de Pierre de Celle et sa place dans l'architecture gothique, Genève, 1977. Autre cas bien mené : J. JAMES, Chartres, les constructeurs, Chartres, 1977.

Fig. 2.— Plans, coupes et élévations se combinent pour une lecture aisée. Le campanile et le baptisère de Pise. D’après B. FLETCHER, À History of Architecture, 18° éd., par J.C. Palmes. Londres, The Athlone Press, 1975, p. 470.

Fernelmont ,état actuel.Plans (1973)

Fig. 3.— Relevés en plan des trois niveaux de la maison forte homogène de Fernelmont, de la fin du XIII° siècle. Ils différencient convenablement le rez des étages, et manifestent les creusements de la carapace murale. D'après T. CORTEMBOS, Le donjon-porche de Fernelmont. Un exemple remarquable de tour d'habitation de la fin du XIII® siècle, dans «Trois maisons fortes du moyen âge: Amay, Fernelmont et Tamines». Louvain-Gand, 1974 (Centre belge d'histoire rurale, publ. 39).

combine à son élévation. Il se complète ainsi de la troisième dimension. Même si le découpage en plan d’un support *, permet de déduire ce qui a dû ou pu s’y superposer, il ne l’autorise pas systématiquement, ni à coup sûr. À fortiori, un tronçon de mur plus ou moins enterré

* R. MAERE, Plan terrier et structure des supports dans l'architecture religieuse de la Belgique, Mons et Frameries, 1930.

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