PRÉLIMINAIRES
n'indique-t-il pas automatiquement ce qu'il portait dix mètres plus haut *.
Comment par exemple reconstituer avec certitude la physionomie d’un donjon sur motte dont on ne connaitrait que le damier des fondations? Sinon par la comparaison avec des réalisations du même genre, préservées au-dessus du sol, ou peut-être avec une iconographie plus ou moins claire, ou à la rigueur à l’aide de textes dont l’exégèse ne serait pas trop ardue. Voir plus loin sur ceci.
De là, toute la difficulté qui peut naître de l'interprétation des fouilles. Évoquons-les très brièvement, quoiqu'’elles sortent du cadre de ce fascicule. Leur technicité n’est pas notre affaire ici.
Les fouilles exhument un ensemble appréciable de renseignements qui échappent à l’observation habituelle sur le terrain, ou qui concrétisent des hypothèses provoquées par celle-ci. Sans être la panacée dont trop d’archéologues se prévalent encore aujourd’hui, elles révèlent souvent des éléments susceptibles d’alimenter le dossier archéologique. En l'occurrence, leur utilité n'apparaît pas contestable à l’entour de constructions «in situ». Elles peuvent en compléter, affiner, voire clarifier des particularités, une position, des annexes et des extensions. Elles visualisent mieux les strates d'occupation d’un vieux site, soulignent sa permanence ou sa désertion, éclairent des rétroactes d’un fait urbain, castral, etc.
Des sondages partiels suffisent quelquefois à confirmer ou à découvrir des jonctions et des juxtapositions de murailles, mal perceptibles au-dessus du sol, parce qu’on a pris moins de soin à les cacher sous terre.
$ Exemple honnêtement avoué p. ex. chez R. BRULET, La fortification de Hauterecenne à Furfooz (3° partie), dans Ardenne et Gaume, 32 (1977), p. 34-36.
6 Sur ce point, le dernier vade-mecum en français est celui de M. de BOÜARD, Manuel d'archéologie médiévale, Paris, 1975. Voir aussi G. WEBSTER, Practical Archaeology. An Introduction to archaeological Field-work and Excavation, 2% éd., Londres, 1974, et G.T. SCHWARZ, Archäologische Feldmethode. Anleitung für Heimatforscher, Sammler und angehende Archäologen, Munich, 1967. Comme revues parmi les mieux documentées : Journal of Field Archaeology (Boston), Archéologie médiévale (Caen) et Zeitschrift für Archäologie des Mittelalters (Cologne). Bibliographie courante spécialement dans Art et Archaeology. Technical Abstracts (New-York et Londres). De bons exemples de fouilles sont rapportés dans les actes des Cofloques de Château-Gaillard (1969 sv.).
Une ou deux tranchées creusées au bon endroit situeront des dépendances d’une maison forte, feront voir les bases de réemploi d’un bas-côté qui n’a donc pas bougé de place, indiqueront des emmarchements perdus, ramèneront au jour des trouvailles qui cerneront mieux la chronologie de tel état, etc.
D'une façon plus générale, les fouilles, en exhumant des témoins, même fragmentaires, étoffent le contingent des diverses catégories d’édifices. Elles accroissent les répertoires fournis par ailleurs. De la sorte aussi, elles favorisent une meilleure évaluation d’une classe d'œuvres architecturales dont les vestiges seraient devenus clairsemés au-dessus du sol.