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Anihyme Saini-Paul. UUioire monumentale Je la France

tème défensif de la place, et il avait avec le dehors une ou plusieurs sorties spéciales; il était, en outre, fortifié contre la ville même, en formant une forteresse ayant ses défenses particulières.

Le château de la cité de Carcassonne est un exemple

Fig. 175. — Château de Carcassonne. — Vue prise de l’angle nord-est (voir le plan fig. 1C7).

célèbre de ces dispositions défensives et offensives. Elevé dans les premières années du xii* siècle, il est formé de bâtiments destinés au seigneur et à la garnison, et défendus, à l’est et au nord, du côté de la cité, par des courtines et des tours (fig. iy5). A l'angle sudoues du château, des donjons et des réduits, indépendants les uns des autres, commandent les cours et les aoords. Son front ouest regarde la campagne, et c'est sur ce point que se trouve la porte communiquant avec

l'architecture militaire.

les dehors, qui était défendue par une série d’ouvrages formidables et des plus ingénieux pour déjouer toute surprise.

Pendant les époques dites romane et gothique, le château était une petite ville ayant son enceinte lorti-

Fig 176. — Château de Loches. — Donjon.

fiée, composée de murailles renforcées par des tours, qui constituaient autant de places d’armes interiompant au besoin la circulation et formant autant de réduits capables d’arrêter 1 assaillant.

Le donjon était le château de la petite ville, c està-dire le logis temporaire du seigneur, dont les vassaux habitaient les dépendances intérieures, et les soldats les bâtiments de la porte et les tours de 1 enceinte. Le seigneur s’ingéniait à donner à son habitation paiticu-

iière l'aspect le plus formidable, afin d’inspirer la crainte, précaution de première nécessité en ces temps de luttes incessantes qui faisaient des amis de la veille les ennemis les plus irréconciliables du lendemain. « En temps de paix, le donjon renfermait les trésors, les armes, les archives de la famille; mais le seigneur n’y logeait point; il ne s’y rendait seulement, avec sa femme et scs enfants, qu’en temps de guerre. Comme il ne pouvait y demeurer et s’y défendre seul, il s'entourait alors d'un plus ou moins grand nombre d'hommes d'armes dévoués qui s’y renfermaient avec lui. De là, exerçant une surveillance minutieuse sur la garnison et sur les dehors, car le donjon est toujours placé en face du point attaquable de la forteresse, ses fidèles et lui tenaient en respect les vassaux et leurs hommes entassés dans les logis; à toute heure, pouvant sortir et rentrer par des issues masquées et bien gardées, la garnison ne savait pas quels étaient les moyens de défense, et, naturellement, le seigneur faisait tout pour qu'on les crût formidables1. »

Les châteaux et les donjons construits en pierre s’élevaient le plus souvent sur les escarpements naturels d’un promontoire dominant deux vallées, et souvent dans le voisinage d'une rivière plutôt que sur les mottes féodales primitives, qui étaient souvent artificielles et dont le sol ne présentait pas la consistance nécessaire pour supporter les masses de maçonnerie des nouveaux ouvrages.

Dès la fin du xe siècle et dans les premières années

i. Viollet-le-Duc, Dictionnaire, t, V.

L’ARCHITECTUKE MILITAIRE. *8i

du xi®, « Foulques Nerra couvre de châteaux ses terres d’Anjou et toutes les bonnes positions dont il peut s’emparer sur son voisin le comte de Blois et de Tours ; celui-ci construit également des forteresses pour résister à l’agresseur et complète le réseau de places fortes qu’avait commencé son père Thibault le Tricheur, un des seigneurs les plus turbulents de son époque 1 ».

Le donjon de Langeais, construit sur une colline escarpée dominant la Loire, fut fondé par Foulques Nerra à la fin du x' siècle ; il en reste encore trois faces de murs qui portent la marque des traditions galloromaines par le mode de construction des murailles en pierre de petit appareil et les fenêtres, dont les claveaux du cintre sent en pierre et en briques.

Un grand nombre de châteaux et de donjons ont été construits aux xi' et xne siècles ; on peut citer les châteaux du Plessy-Grimoult, du Pin, celui de la Pommeraye, élevé sur une motte entourée de fossés profonds séparant trois enceintes; de Beaugcncy-sur-Loire dont le vaste donjon avait quatre étages; de Loches, qui aurait été fondé par Foulques Nerra, mais qui paraît appartenir au xii' siècle, époque à laquelle l’architecture militaire avait accompli de grands perfectionnements. Le donjon de Loches peut passer pour le plus beau de France; il s’élève encore à plus de 3o mètres; l’enceinte paraît avoir été élevée au xiit® siècle ; les tours présentent en plan un arc brisé afin d’offrir plus de résistance au point qui était attaqué le plus souvent par la sape des mineurs.

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