ir* partie. Cathédrale d’AIbi, fig. 70 à
2. Pour le palais <ies papes, voir Albert Lénoir et Viollet-le- Duc,
L’ARCHITECTURE CIVILE
Au commencement du xivc siècle, les papes, ayant fait d’Avignon leur nouvelle résidence, élevèrent une vaste habitation. sur le rocher des Doms, dominant le Rhône. Benoît XII détruisit le palais de son prédécesseur et il commença en 1 336, sur les plans de l’architecte français Pierre Obrier, l’immense palais-forteresse qui existe encore aujourd’hui. Continué par les successeurs de Benoit XII, le» papes Clément VI, Innocent VI, Urbain V qui fit creuser le puits de la cour principale, et Grégoire XI, le palais des papes était achevé, ou du moins en état de défense lorsque Pierre de Lutta, élu pape sous le nom de Benoît XIII, y soutint en i3g8 un siège mémorable.
Cet immense édilice, dont les constructions grandioses couvrent un espace considérable, fut élevé en moins de soixante ans et cet ensemble formidable fut complété, dans le mente temps, par l’enceinte fortifiée de la ville, qui se développe sur une étendue de près de cinq kilomètres.
Le palais des papes à Avignon, par la conception d’ensemble, la science architectonique qui a présidé à sa construction, aussi bien que par le goût de sa décoration, est supérieur à tous les édifices élevés en Allemagneeten Italie, soumises alorsàl’infiucnce française.
Cet admirable monumentest une œuvre entièrement et absolument française, réunissant comme à souhait tous les caractères : religieux, monastique, militaire et civil de l’architecture dite gothique, mais qui mérite, à juste titre, la dénomination que nous aurions voulu lui donner : Y Architecture nationale au moyen âge.
C’est à bon droit qu’il faudrait enfin lui rendre justice, car les immenses églises, les superbes cathédrales, les formidables châteaux et les palais forteresses, tous les chefs-d’œuvre de l’art qui sont l’honneur de nos musées, toutes les manifestations de l’art, enfin, qui sont et resteront, non des motifs d’imitation , mais d’admirables sujets d’études, ont été créés par des architectes français.
Ce sont nos ancêtres architectes, religieux ou laïques, qui ont donné à l’art national, c’est-à-dire V architecture, cette force d’expansion qui répandit partout son action civilisatrice pendant le moyen âge. Ce sont les architectes français qui ont propagé dans tous les pays, surtout en Allemagne et en Italie, les méthodes monumentales et les enseignements de l’art sous toutes ses formes. Ce sont nos constructeurs et nos artistes qui ont établi dans toute l’Europe occidentale, et jusqu’en Orient, la suprématie de l’art français. Et si une évolution qui s’est produite au xvi° siècle a exercé sur nous une influence éphémère, il ne faut pas oublier que ce mouvement, novateur en apparence, avait été préparé par les artistes français qui ont porté, haut et loin, la gloire et la renommée de notre cher pays.
TABLE DES GRAVURES
i. — Plan d’une des coupoles de Saint- Front, à Périgueux.
а. — Pendentif d’une des coupoles de Saint-Front, à Péri
gueux
J. — Coupe d’un pendentif sur la diagonale