LES ORDRES D’ARCHITECTURE
§ I. — Notions préliminaires,
——— Létude des « ordres » constitue Pétude de la partie __ essentielle de l’architecture grecque.
\ Ils sont au nombre de trois: - ; 1° « L’ordre dorique », dont le chapiteau est formé
de moulures ; ;
2° « Lordre ionique », dont le chapiteau est orné de moulures et de longues courbes enroulées, qu’on -appelle volutes. te
3° « Lrordre corinthien », dont le chapiteau est dé- - coré de moulures, de volutes et de feuilles. ae
Dordre « cariatide » et ordre « persique », ot les colonnes sont remplacées par des statues supportant ’entablement, ne sont pas considérés comme ae siques, mais nous devrons les mentionner.
Definition des ordres. — On appelle « ordre » (fig. 40) Yensemble architectonique formé par un « soubasse- ment » ou « ey iehats », une « colonne », et un « entaa blement »s
ae
Ge L’ARCHITECTURE GRECQUE.
Le« eons ccatnt » Ou « stylobate » se compose Pune : plinthe et d’un corps de moulure couronnant une par- tie plane plus ou moins élevée;.mais dans lordre a dorique le soubassement~ est généralement formé par deux ou trois hauts gradins — sur lesquels Feposcnt woe colonnes.
La colonne comprend trois parties : « la base », le | « fat », le « chapiteau ».
L’entablement se divise x eink architrave My « frise > et « ee eta
Moulures. — Les différents éléments que nous venons d’énumérer sont décorés de « moulures », ornements en saillie sur le nu- ™ dumur (fig. 41); leurforme, —
RVs. leur disposition et leur A. Corniche. — B. Frise. — C. Ar~ nombre varient avec les =
chitrave. — E, Chapiteau. — F. Fut G. Gradins.
Souhossement
trois ordres. a
Le clue filet ou listel » : moulure plate et étroite A, rarement employee seule, — accompaghe presque toujours une. autre moulure; quand ilest large, le listel Denes le nom de plate- pangs ou toenia.
« Baguette ou - astragale » se dit d’une petite mou- : lure C, ronde ou cylindrique; si elle est grosse, elle prend le nom de « tore » : ce terme sert généralement %
Se LIVRE Pine CHAPITRE III.
ésigner les moulures rondes O de la base dune co-—
ne ionique ou dit plutdt de la noulure ronde plus fine qui sépare le es da fat.
« Le quart de
au », Cen section
on scotie »
une moulure concave en section ellipse, accompa- dordinaire
moulure con- |
corinthienne, tandis qu ‘astragale
FIG. 41. — MOULURES Lisseg ET MOUEO HES ORNEES,
ve en haut, convexe. en bas; elle peut étre considérée “comme pee dun cavet et un quart de rond.
-« Talon, gueule renvers¢e » ; cette moulure B, con-
x ARCHIT. GRECQUE;
cave par le bas et convexe par le haut, peut étre regar- : dée comme composée d’un cavet et d’un quart de rond. « Larmier » G: moulure plate destinée a rejeter les eaux de pluie et a en protéger le monument; dee larmier est la partie la plus saillante et, A cause de son réle, la plus indispensable d’une corniche.
si Le dessous d’un larmier on Pe dune architrave s’appelle «soffite».
. On nomme « face » du larmier la partie verticale de cette moulure.
Nous parlerons des « mutules »
Ce et des « triglyphes » en méme
temps que de Vordre dorique au-
“appartiennent exclusivement..
Profils. — Les moulures que nous venons de décrire peuvent,
; varier 4 Vinfini. Elles sont plus — FIG. 42. - ou moins inclinées, plus ou mo saillantes 5 ee en résulte que 1
lumiére différents. Leur « caractére » réside dans. plus ou moins de saillie, le plus ou moins de beau de leur profil. En Jes groupant de maniéres différent on obtient ce qu’on appelle « un corps de moulures » (fig. 42), présentant un profil susceptible d’avoir u caractére spécial*suivant le plus ou moins de sail! : des éléments qui composent cet assemblage : il “es : « saillant » quand son Like est allongé. q est « ca
No
“On cipprendes facilement « que la composition des rofils ers la ana grande eet puisqu ils peu-
per, mais il est & remarquer que les ornements por ou peints sont spécialement affectés a certaines
ios grecques sont la écoration des larmiers, des fies des architraves et
ne sont Lene ala decoratioa des tores.
Les © OVES » a won une stibcessi08 d’ornements en
es en général les bovis ou a pirouettes décorent es peas
décoration de ce genre consiste en un groupement dea palmettes, le plus souvent de deux espéces, reliées entre elles par des enroulements offrant diverses com- binaisons ; elles sont fréquemment employées pour - orner les cimaises;le chapiteau ionique de T Exec pao" a Athénes, en olire un bel exemple.
Ornements des colonnes. — Les « cannelures » sont. des décorations particuliéres aux fats des colonnes. ; Dans l’ordre dorique elles sont en arcs de cercle peu. profonds, et le nu ou profil du fut n’est indiqué quepar Varéte ou intersection de deux cannelures consécutives.
Dans Vordre i ionique et dans l’ordre corinthien, jes EB cannelures sont A peu prés en demi-cercle et ne sont — plus limitées par une simple aréte, mais par une pote. tion appréciable du fat de la colonne. © eo ae Dans quelques exemples, les gros tores des es des colonnes ioniques ont des cannelures horizontales. -
§ Il. — Lordre dorique.
Nous avons montré, dans un chapitre précédent,
comment les réparations constantes, nécessitées par la nature méme des matériaux servant 4 la construction des — plus vieux sanctuaires, avaient fait admettre l'emploi de la pierre, et comment son usage était devenu de plus en plus fréquent jusqu’a se trouver a la fin du vie siécle la seule matiére employée pour les nouveaux temples. Cette transformation lente de tous les membres de
Yarchitecture peut expliquer l’origine de l’ordre do-