LIVRE I. — CHAPITRE PREMIER
dune civilisation fort ancienne, qui n’aurait pas, croiton, laissé en architecture d’autres traces de son existence; on désigne généralement ces vieux restes sous le nom de «murs cyclopéens», d’aprés la tradition qui les -attribuait a la race des cyclopes.
Les constructions cyclopéennes offrent un mode primitif, bien facile 4 reconnaitre : elles se composent de quartiers de rochers, a peine €quarris, superposés
tels quels sans mortier nicrampons (fig. 1). Par exemple,
la citadelle d’Argos offre des spécimens d’appareil cyclopéen; mais c’est surtout a Tirynthe, ou on le trouve employé exclusivement, que nous pouvons le mieux étudier ce mode de. construction barbare.
Murs de Tirynthe. — Les murs de Tirynthe furent élevés vers le x1ve siécle. Dans les parties bien conservées, ces curieuses murailles, que Pausanias trouvait aussi étonnantes que « les pyramides d’ Egypte », atteignent encore 12 métres de hauteur eta certains eaanonns
elles ont jusqu’a 15 métres d’épaisseur. Les blocs qui
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is L'ARCHIPECTURE GREE QUE,
les composent sont d’une grosseur remarquable (1™,50
a 2 métres cubes en moyenne) et les plus longs attei- —
gnent 3 et 4 métres. Ces énormes quartiers de roc sont posés a plat, leur plus grande dimension pénétrant en épaisseur dans le mur; des blocs plus petits, forcés dans
lesjoints, servaient de liaison entre les gros blocs et,
formant un parement plus régulier, rendaient moins facile l’escalade de ces murs de forteresse.
Au temps de Pausanias il ne restait rien de la ville cyclopéenne, et lacropole de Tirynthe devait se présenter dans le méme état qu’aujourd’hui : « Le mur d’enceinte, seul débris de Tirynthe, fut construit par les cyclopes. Il se compose de pierres non taillées. Ces pierres sont si grosses qu’un attelage de mules ne suf-+
firait pas pour faire bouger seulement la plus petite
d’entre elles. On a intercalé de plus petites pierres entre les grosses pour les consolidert. »
Galeries de Tirynthe. — On rencontre a Tirynthe ane disposition particuliére 4 noter : deux galeries
hautes d’environ 4 métres, larges de 2 métres, sont pra-—
tiquées dans l’épaisseur des murailles, Ces sortes de
couloirs, construits évidemment pour la défense, sont
volités par assises horizontales avancant en encorbellement (fig. 2); ala partie supérieure, d’autres pierres placées. horizontalement terminent la votite. La porte dune de ces galeries, & peu prés intacte, présente le systéme d’appareil que nous venons de décrire.
Les galeries de Tirynthe offrent la plus ancienne tentative de construction voltée qui nous soit connue;