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ETAT DE V ARCHITECTURE FRANÇAISE EN

SI l'on devait, pour apprécier le degré de l'évolution de l'architecture en 1900, limiter son examen à l'Exposition universelle qui eut lieu en cette année, on en retirerait une impression assez déconcertante, même en y rattachant les édifices définitifs qui furent élevés simultanément : on trouverait des tendances généralement rétrogrades au regard de celles qui avaient inspiré les œuvres les plus intéressantes créées depuis une centaine d'années. Un coup d'œil sur l'ensemble du xix® siècle saisit en effet une succession de tentatives souvent heureuses faites en vue d'utiliser les moyens nouveaux dont l'architecture disposait et de répondre aux programmes modernes.

Dès la Restauration, Fontaine, en construisant la Chapelle expiatoire, élevait un édifice original et caractéristique, dont les détails seuls rappelaient sa collaboration récente avec Percier.

Puis Duban, Labrouste avaient accueilli le fer dans l'architecture et l'y avaient employé avec franchise. L'introduction, par Dubari, du fer apparent à l'École des Beaux-Arts était symbolique, mais devait pour un temps rester symbolique. En couvrant la grande salle de lecture de la Bibliothèque nationale par neuf coupoles en fer laminé dont les retombées reposaient sur des colonnes en fonte, Labrouste avait su réduire l'encombrement des points d'appui et assurer l'uniformité de l'éclairage par la lumière sidérale tombant sur les tables de travail.

La façade de la Bibliothèque Sainte-Geneviève ne montrait pas moins de hardiesse dans ses parties pleines donnant franchement au dehors l'expression vivante de la destination de l'édifice.

V. Baltard, Hittorfï, puis Vaudremer, A. Magne, Train, avaient montré autant d'initiative que de conscience dans l'étude de l'adaptation des édifices publics aux besoins modernes d'une grande ville.

Les Halles Centrales, pour lesquelles Baltard osait couvrir un espace considérable par des constructions métalliques, étaient la mise en pratique d'idées nouvelles sur la salubrité ; dans les nouveaux marchés de Paris, A. Magne serrait de plus près l'étude décorative des fermes et des ajours métalliques.

Plus récemment, André avait tiré parti du fer pour la grande salle du Muséum d'histoire naturelle dont la disposition harmonieuse répondait aux nécessités d'éclairage d'un établissement d'étude.

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On ne saurait reprocher à Hittorff l'anachronisme des ordonnances antiques de la façade de la gare du Nord, en présence de l'admirable disposition de la halle intérieure, par laquelle la plus ancienne de nos gares reste la plus moderne.

En subordonnant le plan d'une église à l'emplacement disponible entre les voies de la Ville, Baltard trouva, pour Saint-Augustin, un parti original de coupole et d'arcs métalliques ; Vaudremer allia, à Saint-Pierre de Montrouge, une charpente en bois à une architecture intérieure de pierre aussi simple et aussi pure que le clocher élevé sur la façade.

Dans son Opéra, Ch. Garnier donnait aux éléments du plan, foyer, salle, scène, une expression extérieure qui marquait un progrès sur les plus remarquables des ouvrages antérieurs, tels que le théâtre de Louis à Bordeaux; surtout il imprima aux moindres détails, du haut en bas de l'édifice, son goût qui, pour n'être pas des plus fins, marque une forte personnalité.

Si Duc ne s'était pas libéré, dans la façade du Palais de Justice, de formes surannées, il s'était révélé constructeur et décorateur dans la disposition de la Salle des Pas-perdus de la Cour d'assises, avec les montées à jour des escaliers, avec le croisement des arcs portant les coupoles.

Dans la caserne de la rue de la Banque, Grisart avait opposé à la coloration des nus de brique les fortes saillies de la pierre.

Train, au Collège Chaptal, puis Vaudremer, au

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Lycée Buffon, avaient cherché un emploi judicieux des matériaux dans des constructions qui répondaient, par la proportion des cours et des bâtiments, par la hauteur des étages, par l'éclairage des salles, au souci de l'hygiène d'une agglomération d'écoliers.

Parmi la génération suivante^ Paul Sédille, Lucien Magne, Mewes avaient remis en honneur la technique des métiers pour l'étude et la bonne exécution de tous les éléments, fer forgé, menuiserie, plomberie, céramique, concourant à la construction, le premier dans des villas à Auteuil, le second dans un hôtel avenue Henri-Martin et dans une maison rue des Pyramides, dont les étages portaient audacieusement sur un poitrail couronnant le rez-de-chaussée et l'entresol utilisés pour le commerce. Les balcons d'un hôtel élevé par Mewes au Cours-la-Reine montraient le charme que suffit à donner la finesse d'un détail bien étudié.

Raulin, Bayard avaient été plus loin encore dans des dispositions d'immeubles édifiés pour le commerce rue d'Uzès et rue J.-J. -Rousseau : les supports des façades, très espacés entre eux pour laisser pénétrer largement la lumière, étaient reliés par des poutrelles, les solives des planchers s'avançant par-dessus en bascule pour porter les balcons.

En 1889, l'Exposition universelle présentait au monde trois œuvres étonnantes. C'était la tour Eiffel; c'était la Galerie des Machines de Dutert, de Dion et Contamin, application hardie du système français

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