IO INDE
mais ces modifications ou suppressions se manifestèrent uniquement par l'abandon des slûpas et de nombreux couvents et par l'adoption, dans la sculpture, de certains attributs typiques de divinités à la mode. Pour le reste, la transition se lit le plus tranquillement du monde: les anciens temples bouddhiques changèrent de patrons, et donnèrent l'hospitalité à la totalité des divinités brahmaniques. Ce fait ne présente rien d'anormal pour qui connaît les pays d'Extrême-Orient, et surtout les religions de l'Inde telles qu'elles sont pratiquées par les classes populaires ; celles-ci, sous des étiquettes différentes, adorent confusément, mais essentiellement, toutes les forces de la nature et surtout les esprits ; une divinité de plus ou de moins n'est pas pour les étonner. \ous connaissons des temples a Java (Prambanam ix° siècle) et à Ce\lan (Dambulla i fr siècle av. J.-G. \ et Polanurova xif siècle A. D.) où le Bouddha fraternise ouvertement avec Vichnou et Çiva.
Après la disparition du bouddhisme et le retour définitif du brahmanisme (néo-brahmanisme) plus ou moins modifié, l'architecture hindoue peut être ramenée d'après Fcrgusson a quatre stvles: le stvle jaïna, le style dravidien, le style chàlukva et le style septentrional. Chacun de ces styles correspond à une région distincte.
Le style jaïna dont nous avons déjà parlé et que l'on admire surtout à Satrounjaya et a Girnar dans le Kathiawar, au mont Abou dans le Rajpoutana et à Parisnath dans le Bengale, présente un aspect général à peu près constant : une galerie d'enceinte percée de niches qui abritent la même statue de saint répétée à un nombre considérable d'exemplaires ; le sanctuaire principal surmonté d'une haute tour à forme curviligne (sikra) terminée par un coussin débordant (amalaka) comme dans le style de l'Inde septentrionale (voir fig. 7) ; enfin un porche — relié au sanctuaire — couvert par
1. La principale grotte de Dambulla, bien que bouddliique, est dédiée à Vichnou.