‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 52 sur 96 · Delà Louborc. Du royaume de Siam, Amsterdam · texte numérisé non relu

Delà Louborc. Du royaume de Siam, Amsterdam

2. Pallegoix. Description du royaume Thaï, 2 vol. — Aymonicr. Le Cambodge, 3° vol., p. 781.

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de notre protectorat au Cambodge en i863, puis la conquête de l'Annani et du Tonkin, nous mirent nécessairement en contact avec le peuple siamois. En i8g3 la France dut intervenir pour faire évacuer les provinces du Laos indûment occupées par des postes siamois. Le forcement des passes du Ménam en aval de Bangkok par deux navires de l'escadre française de l'Extrême-Orient mit lin aux hostilités et amena une paix boiteuse qui fut légèrement améliorée par le traité de 190/1, lequel fixa la frontière des deux pays du côté du Mékong, d'une façon un peu plus pratique.

Il n'existe que très peu de monuments au Siam antérieurs a la création du royaume thaï au xm ( siècle. Nous ne parlons pas bien entendu des monuments compris dans les anciennes provinces cambodgiennes d'Angkor, de Battambang et de korat, mais de ceux des provinces thaï proprement dites.

Quelques tours khmères du \° siècle subsistent a Louvo, ancienne principauté thaï, vassale des Khinèrs (fig. 16/1) ; des copies abâtardies de ces mêmes tours (prany) se rencontrent a Sokholhav (fig. iG5-i66). Elles sont de la basse époque khinère et ont pu être construites par des architectes khinèrs en déplacement. Il semble en elTet que les Thaï du xin siècle étaient des peuples de civilisation artistique peu avancée n'ayant pas d'architecture propre. Le commandant de Lajonquière, qui a été chargé en 190/1 et 1900 d'une mission archéologique au Siam, pense que ces peuples migrateurs se laissèrent plus ou moins impressionner en arl parles Miniers d'alors, puis par les Birmans, qui les avaient précédés de plusieurs siècles dans la voie de la civilisation et qui se montrèrent presque constamment leurs maîtres à la guerre. Dans ce cas la première empreinte

se serait produite pendant le séjour des Thaï dans les Etats shans, avant la pénétration définitive dans la vallée du Ménam.

Peut-être adoptèrent-ils alors certaines manifestations architecturales bouddhiques telles que le stùpa nettement originaire du Nord de l'Inde et le vihàra (salles de réunions religieuses) aux toits télescopiques à la chinoise, aux parois stuquées et aux frontons incrustés de faïences et de verroteries. Ces deux sortes de monu-

Fig. iGo. — Vihara do Sokothaï. xm c siècle (Fourncreau).

ments ne prirent très probablement leur forme définitive que dans la vallée du Ménam.

Le stùpa siamois est un compromis entre le stùpa du Népal et le stùpa des ïalains du Pégou. Du premier pays, il a conservé l'entablement h pilastre qui surmonte le dôme et sert d'appui au couronnement conique a rondelles; aux Talains, il a emprunté la forme élancée de la cloche. Quant aux vihara, ils sont en principe népalais et chinois; nous savons en effet par Sylvain Lévi (voir 1 er chapitre, page /io) que les pagodes à toits superposés et à crochets à la chinoise existaient au Népal 200 ans avant J.-G. et nous savons aussi (voir page 38) que ce style était devenu le style absolu de la Chine, dès le vf siècle de notre ère. Nous verrons enfin dans le chapitre relatif à la Birmanie que les constructions en bois à toits à la chinoise existaient couramment en Birmanie dès le x' ! siècle, comme elles existaient aussi au Cambodge depuis le ix e siècle (bas-reliefs du Baïon) et probablement plusieurs siècles avant.

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Il est donc tout naturel que les Thaï se soient halos de se

mettre au goût des gens de leur voisinage. Les ruines de Savait © ©

«alay et de Sokhotay montrent que les vihàra à toits multiples sinon télescopiques existaient déjà aux xiu° et \iv f siècles et avaient des piliers stuqués et probablement aussi une ornementation de

céramique fabriquée dans les fours bien connus de Saxanalay x par des Chinois venus de la cote (lig. 160).

Toutefois il existe une différence entre les toits télescopiques siamois et les toits chinois (i <r chap., p. /|8). Les toits télescopiques chinois sont courbes et dépassent rarement le nombre de trois tandis qu ils sont singulièrement multipliés dans les monuments siamois et ont leurs lignes de faîte toutes

droites ; enfin le plan de ces monuments n'affecte presque jamais, en Chine, la forme en croix qui est encore la règle en Indo-Chine et qui est certainement d'origine hindoue, mais, surtout dans le cas cpii

Fig. ïni. — Reliquaire en forme de stupa, 1 • i 1 1 ^ r

d'après le J. A., 3< série, vu, iM,, P i. \l\ . nous occupe, hindouc-Uiuicrc. Les

monuments à toits télescopiques sont en somme la traduction en nouveau style, et avec des matériaux légers, des lourdes tours cruciformes khmères avec t\ avant-corps en maçonnerie télescopiques (Voir les vues d'Angkor \at clans le 2 e chapitre) et des gopuras encadrés de galeries à degrés. En Birmanie ce dernier caractère est beaucoup moins prononcé.

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