‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 51 sur 96 · De Laloubèrc. Du royaume de Siam · texte numérisé non relu

De Laloubèrc. Du royaume de Siam

2. Mission Pavic. 2 (> vol. — Fournercau. Le Siam ancien, p. 220.

SIAM ET LAOS

dire probablement, ainsi que nous l'avons dit dans la deuxième partie (page 97), le bouddhisme du Sud ou du Petit Véhicule, et créa une nouvelle écriture pour remplacer l'alphabet khmèr qui avait été en usage jusque-là. De toutes laçons le bouddhisme du Sud devint la religion officielle des pays thaï au milieu du xiv" siècle.

Du coup le sanscrit qui était la langue religieuse aussi bien pour le bouddhisme du Nord (Mahàyàna) que pour le brahmanisme, fut abandonné et dut céder la place au pâli qui correspondait au bouddhisme du Sud (Hînayàna) professé à Ceylan.

L'avènement de Ràma Khomheng marqua l'émancipation de toutes les peuplades thaï, qui jusque-là avaient été asservies par les Khmèrs, et détermina par ce fait le premier mouvement de recul du Cambodge. C'est vers la lin du xnf siècle que commencent les relations diplomatiques de la Chine avec l'Etat de Sien (Sokhothav). Avant leur émancipation, les Siamois figurent dans les bas-reliefs d'Angkor Vat (xn c siècle) sous le nom de Siàm Kut.

Ràma Khomheng, ainsi que le dit la stèle de Sokhothav, vainquit non seulement le Cambodge, mais encore le Pégou. Ses successeurs furent souvent moins heureux, et il semble bien que, du xiv e au xix e siècle, le jeune royaume eut à subir bien des fois l'influence brutale de son voisin de l'Ouest.

En i35o, la capitale fut portée plus au Sud, à Ayuthia. sur le Ménam, avec résidence d'été à Louvo, ancienne principauté thaï. Ce fait est dû probablement à un déplacement de l'hégémonie politique, qui passa de l'Etat de Sien (Sokhotai) à celui de Lo Hou (Louvo- Ayuthia) ! .

En i555, les Pégouans prirent Ayuthia, la livrèrent au pillage et réduisirent même les Siamois, pendant quelques années, au vasselage. En 1767 Ayuthia fut de nouveau pris par les Birmans ctdétruit.

1. Voir Pelliot, Deux Itinéraires de Chine en Inde (Bulletin de VEc. fi\ d'Extr. Or., IV, 264).

HISTOIRE

Le gouvernement se transporta alors plus au Sud, a Bangkok, qui devint la capitale en 1772 et qui l'est encore.

Nous ferons grâce au lecteur du récit des guerres interminables qu'eut à soutenir le Siam, duxiu au xix c siècle, contre les Birmans d'une part et les Cambodgiens d'autre part. Elles constituent le fond des annales officielles siamoises, birmanes et cambodgiennes, qui sont aussi inexactes les unes que les autres. Nous signalerons toutefois deux faits curieux l : i° l'intervention de condotlières japonais dans les affaires du Siam au commencement du xvii° siècle et l'occupation partielle de ce pays par des troupes françaises a la fin de ce même siècle.

En iGi5 les Siamois prirent à leur service un condottiere japonais. Jama de Nagamasa, qui devint généralissime et attira à lui quelques centaines d'aventuriers nippons. Ceux-ci terrorisèrent le royaume. Jama de Nagamasa ne tarda pas a être assassiné par la population et on se débarrassa ensuite à prix d'or de ses compatriotes.

En 168G, Louis XIV, sollicité par le fameux Constance Faulcon, grec d origine, premier ministre du roi de Siam, envoya deux ambassades successives à Ayutbia et un petit corps expéditionnaire de 12 compagnies commandé par un maréchal de camp. Constance Faulcon avait fait croire à Louis XI\ que le roi de Siam désirait se convertir au catholicisme et se placer sous le protectorat français. En réalité cet aventurier voulait s'assurer une garde personnelle pour conserver le pouvoir. Nos troupes occupèrent quelque temps Mcrgui et Bangkok.

Constance Faulcon ayant été assassiné, nos troupes durent être rapatriées en 1689 2 .

Le reste de l'histoire du Siam offre peu d'intérêt. L'établissement

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