Goblet d'Alviela. La Migration des Symboles, p. 3oo
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teur pourra comparer avec le mausolée (moderne) du roi Mindon (fig. 171), les édicules des fossés de Mandalay (fig. 172), ceux de Chouè Modo (fig. 288 à 290) et de Chouè Dagon (fig. 173), à un édicule de Pagan (fig. 174) et à deux dessins de "\ ule (fig. 175-17G). Ces édicules sont presque tous modernes, mais ce sont des copies d'édifices beaucoup plus anciens, ainsi que nous le dirons dans le
chapitre de la Birmanie. Nous avons choisi ces exemples au hasard et parce que nous les avions sous la main(fig. 177) 1 .
3° Bot et Vihâra. — Le temple (le vat, suivant l'expression siamoise et khmere) comprend dans son ensemble des salles de réunion ou bot, des salles de prières, ou vihâra, une bibliothèque (si la pagode est royale) enfin un échafaudage en bois supportant la cloche ; celle-ci correspond aux mômes besoins que dans nos monastères.
Le bot (en pâli uposathaggam) est une salle rectangulaire à galerie extérieure avec un autel et une statue du Bouddha. Cette salle sert aux ordinations des moines et aux grandes assemblées. C'est un temple.
Le vihâra est une salle consacrée aux cérémonies religieuses et aux sermons pour le peuple.
Fig. 170. — Vat Phra bat. Bangkok.
1. Nous avons respecté l'orthographe fantaisiste de nos photographies du Siam. Les monuments étant quelconques cela n'olï're pas grand inconvénient. Ils sont tous du xviu e et du xix n siècle.
Toutes ces salles ou temples sont surmontées de toitures télescopiques aux acrotères crochues qui caractérisent la dernière période de l'art hindou au Cambodge et au Siam.
Les frontons et les encadrements des fenêtres et des portes, en bois ou en stuc, avec leurs sculptures aux vives couleurs, leurs verroteries, leurs incrustations de faïence, sont un mélange d'art hindou et d'art chinois vraiment original, car on ne trouve la même décoration ni en Chine ni aux Indes.
On le retrouve il est vrai en Birmanie, ce pays initiateur du Siam, mais avec infiniment moins de grâce. 11 est difficile de fixer une date à l'importation de ce genre de mosaïque qui existait à Ceylan et dans le nord de l'Inde, dans une certaine mesure, bien avant notre ère 1 ; mais la question est oiseuse pour le Siam , puisque le royaume n'a été créé qu'au xm e siècle, c'est-à-dire longtemps après que ce genre d'ornementation eut été introduit au Cambodge et en Birmanie.
L'effet de ce décor est du reste absolument délicieux ; on se prend toutefois à regretter que ces charmants maquillages ne présentent aucune garantie de durée. Au bout de quelques années, les dorures et les verroteries, abîmées par les pluies torrentielles des tropiques, prennent un aspect ruiné et misérable qui fait peine à voir. A notre avis cette ornementation devrait être réservée pour les intérieurs.
De nos jours l'influence chinoise se fait sentir plus que jamais
Fig. 171. — Mausolée du roi Mindon (xix e siècle). Birmanie.