RELATION DE L INDE ANCIENNE AVEC LES PAYS VOISINS
môme a oie, aux premiers siècles de notre ère. La Bactriane était alors le grand marché de l'Asie ; de ce point les caravanes se dirigeaient vers la Perse, la Chine ou les Indes. C'est cette voie, dont les étapes du Turkestan chinois étaient entièrement bouddhiques, que suivirent les célèbres pèlerins bouddhistes chinois Fa-hian (v e siècle), Song-yun (vi e siècle) et Hiuan-tsang (vn c siècle), dont les mémoires sont si curieux. D'autres missions chinoises passèrent du vi c au vn e siècle inclus par les routes plus directes du ïhibet, dont le roi venait de se convertir au bouddhisme, et gagnèrent de là le Népal, tributaire du Thibet, puis les Indes. Au vu e siècle, une armée de soldats népalais, conduits par un général chinois \ descendit même dans les plaines de l'Inde, pour venger un affront fait a la Chine. Pendant cette courte période d'entente, des moines chinois vinrent en assez grand nombre au Népal pour s'instruire et mourir près des lieux saints qui passaient pour avoir été témoins des premières prédications du Bouddha.
En réalité, ces routes de Chine offraient au commerce les plus grandes difficultés et nécessitaient des transports a dos d'homme très onéreux et très pénibles dans les traversées par de simples pistes des hautes montagnes du Pamir. Les tribus turques qui erraient entre le Turkestan et la Chine, tantôt en guerre entré elles, bien qu'elles fussent bouddhistes, tantôt en guerre avec les Célestes dont la domination n'était que nominale, ne se faisaient pas faute non plus de rançonner et de détrousser les caravanes. Les choses en arrivèrent au point que le roi perse Chosroës, un des derniers Sassanides et principal client du marché delà Bactriane au vi e siècle, crut nécessaire de renoncer a la voie de terre pour ne plus utiliser que la voie maritime, qui lui procurait, du reste, le précieux avantage d'un monopole absolu. Les Turcs, privés dès lors de leur meilleur débouché commercial, cherchèrent, mais sans succès (50^ de notre
j. Sylvain Lévi. Le Népal, I, p. i3.
INDE
ère), à s'allier à Byzance pour rouvrir les routes de la soie à leur profit 1 .
Plusieurs sinologues, Pauthier entre autres, ont parlé d'une expédition chinoise qui aurait été conduite au x e siècle avant J.-C. par l'empereur Mou-Wang en Chaldée et en Asie mineure jusqu'à la Méditerranée 2 . Cet empereur aurait rapporté de son voyage l'usage des tours à étages, des émaux, de la laque, de l'astronomie, etc.
Mais cette légende si séduisante n'est plus admise aujourd'hui, et l'on estime qu'il y a eu erreur dans l'interprétation des noms de lieux. Dans tous les cas, les premières relations officielles delà Chine avec les états du sud-ouest du Pamir ne sont pas antérieures aux premiers siècles de notre ère, c'est également l'époque de l'introduction du bouddhisme en Chine, et il est prudent, pour le moment, de s'en tenir à ces simples constatations.
2° Communications par mer. — Les relations maritimes de l'Inde avec les pays voisins eurent lieu à toutes les époques, mais elles prirent un essor considérable à partir du i cr siècle de notre ère, lorsque le Grec Hippalus eut découvert les lois qui régissent les moussons. Les voyages aller et retour, soit aux Indes, soit en Chine, purent alors s'eftectuer théoriquement en une seule année. De fait ils duraient infiniment plus, parce que les navires trouvaient souvent leur avantage à faire du cabotage le long des côtes. Les marchandises de la Chine et de la partie orientale de l'Inde se concentraient à Ceylan, où elles étaient apportées par des jonques chinoises ou hindoues; de là elles transbordaient sur des navires arabes, persans, égyptiens et gagnaient dune part Ctésiphon sur le Tigre (plus tard Bagdad), d'autre part les ports de la mer Rouge, puis, au moyen de canaux ou par transbordement, Alexandrie en Egypte. De Ctésiphon, les marchandises étaient transportées par terre à Antioche ; d'Alexan-
t. Chavannes. Documents sur les Tou-Kiue occidentaux. Saint-Pélersbourg, 1903 (Cf. Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, t. 1Y, p. /179). 2. Ghoisy. Histoire de l 'architecture, I, p. ig5.