RELATION DE L INDE ANCIENNE AVEC LES PAYS VOISINS I Q
drie, elles étaient dirigées, par mer, sur l'Italie. Tous les ports du golfe Persique, de la mer Rouge et des côtes des Indes, sont jalonnés par les pièces de monnaie romaines et byzantines que l'on trouve encore de nos jours en fouillant le sol.
L'Inde et la Chine faisaient avec la Perse et l'Empire romain un commerce énorme d'épices, d'indigo, d'acier, d'ivoire, de mousseline, de bois de teck et surtout de soieries, dont l'usage s'était répandu dans tout l'Empire 1 .
L'Empire romain fournissait surtout en échange des étoffes d'Egypte et du numéraire. Le total des exportations romaines montait, au dire de Pline 2 , à environ cent millions de sesterces par an, soit vingt millions de notre monnaie.
Les compagnies commerciales romaines étaient établies dans tous les ports de l'Inde, protégées par des traités spéciaux. Florus parle d'un traité d'alliance conclu par Auguste à Samos avec des princes indiens, dans le but de faciliter l'accès des ports de l'Inde aux navires de commerce romains 3 . Disons toutefois que ce récit est discutable.
En iGG, Marc Àurèle, en guerre avec les Parthes, s'était cru obligé, pour ne pas entraver l'arrivage en Italie des soies qui étaient devenues, paraît-il, un objet de première nécessité, d'envoyer une ambassade en Chine'. Reinaud, auquel nous empruntons tous ces détails, émet l'idée, peut-être excessive, que les Romains ne se sont engagés dans leurs interminables et fâcheuses guerres contre les Parthes que pour accaparer les routes de la soie ; nous croyons plus simplement qu'ils ont surtout songé à mettre la main sur les trésors
t . Reinaud. Relations politiques et commerciales de l'Empire romain avec l'Asie orientale, p. 171.
2. Idem, p. 209. — Hcyde. Histoire du commerce du Levant au moyen âge, I, p. 2.
3. Reinaud. Relations politiques et commerciales de l'Empire romain avec l'Asie orientale, p. 10G-112.
/|. Idem, p. 23G.
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fabuleux de la Perse. La sole ne constituait que l'un des articles du programme * .
Ils échouèrent dans leur entreprise, renoncèrent même au commerce direct par la mer Rouge et se résignèrent à acheter la soie de seconde main, soit aux Parthes, soit aux Ethiopiens. Byzance persista dans la même voie et ce fut au vi e siècle de notre ère que l'élevage des vers à soie, et l'industrie de la soie, jusque-là tenue secrète, s'implantèrent en Europe, dans les provinces méditerranéennes d'Asie et d'Europe. A cette époque, Alexandrie, bien que déchue, était encore la seconde ville de 1 Empire. C'était le grand port de l'Extrême-Orient, on y rencontrait des représentants de toutes les races et de toutes les religions : Indiens, Scythes (Turcs), Persans, Romains, Ethiopiens et, chose assez curieuse, un grand nombre de bouddhistes. C'est, du moins, ce qui résulte des fouilles si intéressantes exécutées depuis plusieurs années par M. Gavet, dans les cimetières d'Antinoë \ Les symboles bouddhiques, mis sur les linceuls, abondent.
Les tombes chrétiennes nous fournissent des documents bouddhiques encore plus intéressants. Une dame chrétienne porte une écharpe sur laquelle on a brodé les feuilles de l'arbre mystique de l'Inde, le ficus religiosa, sous lequel Çàkyamuni est devenu Bouddha. Les dessins qui décorent cette feuille symbolique sont tout à fait indiens. Dans une autre tombe, un prêtre chrétien porte", brodé sur ses habits sacerdotaux, le svastika ou croix h crochet, attribut bien connu des indianistes. « Il y eut, dit Guimet \ un moment de transition, un moment d'hésitation qui permit l'infiltration des idées indiennes. Sollicités par les Ptolémée d'abord, par les impératrices
i. Sur toutes ces questions, consulter surtout Y Histoire du commerce du Levant, par Ileydc, i885.
'x. Annales du Musée Guimel, t. XXX, 3 fi partie, p. 1.^9. 3. Annales du Musée Guimet, t. XXX, 3° partie, pi. III. [\. Annales du Musée Guimel, t. XXX, 3° partie, pi. I. 5. Annales du Musée Guimel, t. XXX, 3" partie, p. 1 5 r .