CHAPITRE VI
GEYLAN
SOMMAIRE
Histoire. — Architecture. — Anurâdhapura. — Matalé, — Dambulla. Sigiri. — Polonnarinva.
HISTOIRE
Les \eddas qui vivent encore à l'état sauvage, mais en bien petit nombre, dans les forêts du nord-est de Ceylan, passent pour être les derniers représentants de la race autochtone. On ignore leur origine, mais il nous paraît hors de doute que toutes les races qui ont peuplé successivement Ceylan étaient originaires des Indes.
Les Annales de Ceylan : le Dîpavamsa, rédigé au iv e siècle ap. J.-C, et le Mahâvansa 1 , dont la rédaction a été entreprise a la fin du v c siècle de 1ère chrétienne et continuée jusqu'à la fin du xviu 6 siècle, rapportent que la première civilisation fut introduite à Ceylan Tan 543 avant J.-C. par le prince Vijayo, venu de la vallée du Gange. L'un de ses successeurs, le roi Anurâdha, fonda la ville d' Anurâdhapura, la célèbre capitale de l'île, dont les ruines furent
1. The Dîpavamsa, edited and translated by II. Oldenberg, London, 1879. — The Mahdvanso in roman characters with the translation subjoined, by G. Turnour, vol. I, Geylon, 1837. — The Mahâvansa, Part II, translated by L.G. Wijesinha. Colombo, 1889. Cf. W. Geiger. Dîpavamsa und Mahâvamsa und die geschichtliche Ueberlieferung in Geylon. Leipzig, 1905.
CEI LAN
découvertes en 1873. L'an 807 avant J. -G. le bouddhisme fut introduit dans l'île par le saint missionnaire Mahindo, prince de Magadha, qui, après avoir effectué un voyage aérien, ainsi qu'il est d'usage dans les contes orientaux, prit pied à Mihintale sur une colline voisine d'Anuràdhapura et se mit à prêcher la religion nouvelle.
C'est de cette époque que datent les premiers édifices religieux, entre autres les deux stupas de Mihintale et le stupa de Thûpàràma. Les arts et surtout l'architecture ne prirent leur essor définitif que sous le règne du célèbre roi Dutthagâmanî (iG/i à 167 av. J.-G.) qui construisit les principaux dagobas (stupas), entre autres celui de Ruvsanveli et le fameux couvent à 9 étages dit Lohaprâsâda, « le palais de bronze », dont il reste encore les piliers du rez-dechaussée.
Anuràdhapura (l'Anurogrammun de Ptolémée ') devint sous le règne de Dutthagâmanî une véritable Rome bouddhique, tandis que les ports de Ceylan, l'antique Taprobanc, prenaient une extension considérable et devenaient les entrepôts de transit des marchandises du monde méditerranéen et de l'Extrême-Orient.
Malheureusement la population singalaise, douce et passive, n'avait aucune qualité guerrière et était hors d'état de défendre ses richesses contre les envahisseurs du nord. L'armée se composait de mercenaires recrutés dans l'Inde parmi les Tamouls, c'est-à-dire parmi les peuples que les rois de Ceylan devaient craindre par dessus tout. L'histoire de l'île n'est qu'une longue suite de révolutions, d'assassinats et d'invasions hindoues. Les rois se maintinrent cependant tant bien que mal jusqu'au xix e siècle, occupant leur temps, entre deux incursions des Tamouls, à construire des dagobas, des couvents, et à creuser des étangs ou des canaux pour l'irrigation des rizières.