RETABLES DE BALE, DE SAINT-GERMER, DE UAL ET DE BRA1NE-LE-C0MTIÎ
la Révolution, tous ces petits personnages sont encore complctg, et leur dessin ainsi «pie leur exécution donnent une haute idée du talent de leur auteur. Quant à la disposition architecturale, le monument affecte la forme d’un rectangle allongé où se développe la composition religieuse et historique, créée par l'artiste.
Retable de Haï.. — Une distance considérable sépare celte œuvre de celle qui la précède. Des transformations diverses et importantes se sont opérées peudant cct intervalle ; nous nous bornons à les signaler. Au XVI? siècle, le retable a pris les proportions grandioses, et la pensée de l’Eglise ou celle de l'artiste est même arrivée à en faire un monument à destination multiple, c'est-à-dire une combinaison de deux meubles d'un même caractère ou d'une nature analogue : l’autel et le tabernacle,- l'autel, sur lequel s'accomplit la transsubstantiation du corps de Jésus- Christ dans l'espèce du pain ou l'hostie sainte , et le tabernacle, qui sert de custode , de re/iosilorium où l’on conserve cette même hostie. Quelle fut la cause de cette combinaison? Je l'ignore. Peut-être, dans quelque lieu, le manque d’espace pour ériger un tabernacle séparé. Mais, à Hal, celle raison ne pourrait être admise, puisqu'il y avait, comme dans beaucoup d'cglises, un tabernacle d’une construction antérieure. Quelle qu’ait été l’origine ou le motif de cette combinaison, d'où découlèrent tant de compositions mauvaises, on doit reconnaître la hante importance do ce monument. Il fut exécuté par un nommé Mono, qui vivait au temps de Charles-Quint, ainsi que l'atteste Tinscriplinn suivante, tracée sur un cartouche : L'an de grâce 1533, posé FUS, OFFICIANT DE BaIIJJ EN CESTE VILLE DE HaOI.X MESSIR UALTHAZAR DE ToHERG. JEHAN MoNE, Maistre artiste de l’empereir, a FAiCT cest dist retable. Notre grande composition est donc un aete de libéralité fait par un puissant donateur à l’église de Notre-Dame de Hal, ce lieu d'un pèlerinage célèbre dont Juste I.ipse a donné l'histoire un peu légendaire dans sa Dieu Hallcnsis. Sous le rapport de l'architecture, cette magnifique œuvre découle surtout de la combinaison des deux monumeuls, et, beaucoup aussi, des modifications qu'avait subi le retable. Ces traits principaux définis, il faut maintenant signaler le système de pyramidalion de l’ensemble , système obtenu , du reste, par le parti pris des corps disposés par étages eu retraite dont il est formé. Quant à l'ornementation, qui est ici des plus capitales, et sous le rapport du dessiu et sous celui de la sculpture, nous renonçons à la décrire; le lecteur y suppléera par la vue de notre planche. Toutefois, on ne saurait omettre d'appeler, en passant, l'attention sur la choquante alliance, dans ce décor, du sacré et du profane, c'est-à-dire des chastes représentations chrétiennes, mêlées, par les artistes de la Renaissance, aux nudités blessantes du sensualisle polythéisme. — Ce monument est en albâtre et orné de dorures.
Retablf. df. Biuine-lf.-Comte. — Très-vraisemblablement, la même cause ou les mêmes motifs ont dù faire prévaloir ce système de combiuaison de l'autel au tabernacle ; car, non loin de Hal, à Braine-le-Cotnte, de cette union est sorti, plus tard, un autre édicule dans une donnée analogue au précédent. Nous connaissons aussi l’origine de ce retable. Une inscription, gravée sur l'une des faces du tabernacle, est ainsi conçue : optimates popvlvsq bremf. comitis sacratissime evcharistiæ posvervnt. akno 1557. — Le retable de Braille est composé, comme celui de Hal, de deux monuments juxtaposés et enrichis de nombreuses sculptures. Au-dessus do la corniche supérieure du retable, mais en retraite, s'élève, du sol, un tabertiable pyramidal, auquel on accède par un escalier montant à la niche où l’on exposait l'ostensoir ou la monstrance.