‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 18 sur 97 · DANS LE SANCTUAIRE DE LA CHAPELLE PALATINE, A PARIS · texte numérisé non relu

DANS LE SANCTUAIRE DE LA CHAPELLE PALATINE, A PARIS

Par l’ollice ou la destination qu'elle remplit, nous devons parler maintenant des formes, de l'art et du décor de la piscine durant les XIII? , XIV' et XV? siècles. Etablie non loin de l'autel pour recevoir les eaux dont on s'était servi pendant la messe, celte construction se rattache, d’une manière intime et directe, au plus auguste des monuments de l'église.

Dans le nombre des parties, plus ou moins importantes, dont se compose le sanctuaire, la piscine, comme toutes les autres, fut, quelquefois, une oeuvre remarquable, et sa composition devint, pour l'artiste créateur, une de ces bonnes fortunes qu’il saisit afin de prouver son talent de savoir-faire, d'une chose peu importante, un monument d’un certain mérite. C'est ce qui nous semble s’ètre passé pour l'une des piscines de la chapelle du palais de Louis IX, à Paris ('). Cependant, l’œuvre esl-ellc de Montcreau et en conçut-il la pensée telle qu'on la voit aujourd'hui, ou bien devons-nous l’attribuer à une date postérieure à l'achèvement de l’édifice? Sur ce point, le caractère de la composition et le style de la sculpture paraissent ne laisser aucun doute et donner tous les éclaircissements désirables pour acquérir la certitude qu'elle a dù être pratiquée à l'époque do la construction. Mais, en ne considérant quo sa valeur, cette piscine n’en doit pas moins être regardée comme l'une des plus belles que l'on connaisse : son importance architecturale, le luxe de sa sculpture, sa polychromie, l'éclat des émaux (*), la richesse de l’or, tout concourait à en faire uu monument remarquable , digne assurément de son but et tout à fait eu harmonie avec l’édifice et sa splendide décoration.

On ne s’attend point, sans doute, & ce que nous entrions dans des détails approfondis et comparatifs sur la classe des piscines au XIII? siècle; nous n'aborderons celte étude que beaucoup plus tard, c'est-à-dire lorsque nous en aurons publié un certain nombre d’exemples. — Pour le momeut, la vue de notre planche suffit pour se rendre compte de la composition, des profils et de la sculpture. Je ne parle pas du décor polychrome. Les peintures qu'on y a récemment appliquées sont-elles une reproduction exacte des anciennes, ou bien l’architecte restaurateur a-t-il été contraint de les composer? Cette appréciation s'écarte de notre but. Je finis donc par une dernière remarque. Quelques irrégularités dans les sculptures accusent

(t) Celle do 1a chapelle haute; noua donnerons, dans notre Supplément, la piscine de la chapelle basse, qui est aussfort remarquable.

(2) Comme aux arcatures de la chapelle, on y avait mis des émaux d'une grande richesse. — Voyez les planches que notfS publierons dans notre Supplément.

MOYEN AGE. — Mil' XIV* ET XV' SIECLES. — PISCINES.

le caprice et l'indépendance de Carliste à vouloir s'affranchir des règles de la symélrie mathématique qu’avaient adoptée les anciens. Comme preuves h l'appui de celte observation, je signalerai, d'abord, la frise qui s’étend au-dessus des deux arcades, dont chaque moitié présente un motif différent; puis, l'inégalité dans le nombre des crochets établis sur les rampants des quatre petits froutons.

A i’AK!S

l’K-îl'I’iK.DANS I.K SAKTI'.V!'.:-

PISCINE PÉDICULÉE

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