DANS L’ÉGLISE ABBATIALE, A SAINT-GABRIEL
La piscine se présente dans deux conditions aux études de l'archéologue : ou elle est extérieure, en saillie et supportée par un pédicule; ou elle est intérieure, c’est-à-dire ménagée dans les murs de l'édifice. Celle qui fut établie dans le chœur de l'église de Saint- Gabriel se rattache, par la nature de sa composition, à la deuxième classe. Son style indique évidemment l'époque romane, et sa date accuse le courant du XII siècle. Elle se compose de deux parties principales : la cuvette et son support. Ce dernier ne présente rien que d'ordinaire en fait d’architecture ; mais , il en est autrement du membre supérieur, la cuvette. Chacune des trois faces apparentes a reçu une décoration particulière, et cette décoration , pour le petit côté surtout , offre ici un trait assez insolite et qui le distingue. Je veux parler de la présence d’une figure d’arc aigu, nommé improprement ogive. Or, l’apparition de cette forme , dans un monument de l'époque romane et d'une date que l’on peut assigner au XI? siècle, me semble une particularité assez digne de remarque pour devoir être signalée à nos lecteurs. L'emploi des chanfreins et des tores, comme ornementation, joint à la grossièreté du dessin et de l'exécution d'une palmette en creux , tout semble dénoter une œuvre d’une époque primitive, et, conséquemment, bien antérieure à l'usage de l’arc aigu dans les travaux d'architecture ; aussi, avons-nous cru devoir en faire l’objet d'une courte observation.
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