AUTEL, DANS L'ÉGLISE D’A VEN AS
mystères, tout cela l’emporte do boaucoup sur l’autre et constitue un ensemble dans des données qui accusent une intention bien plus liturgique , celle d’exprimer , par ses formes , la spécialité de sa destination. — Mais, il est , dans cette première partie de notre comparaison,
Une autre particularité qui mérite encore d’étre signalée, parce qu’elle complète ce qui a trait «
aux formes : nous voulons appeler l'attention de nos lecteurs sur deux systèmes de décoration, également appliqués à la face antérieure des autels cubiques. L’un de ceux-ci présente des colonnes à ses angles, tandis que l’autre est simplement entouré d'une espèce d’encadrement.
Que dirons-nous, ensuite, de la composition sculpturale qui n'ait été déjà mentalement pensé.
Sur ce point, il faut reconnaître que le sujet est incontestablement plus complet et beaucoup mieux conçu sur l’autel d’Avenas quo dans l’œuvre italienne; mais, peut-être, préférera-t-on la disposition architectonique de celle-ci, à cause de son ordonn&ncc en compartiments ou espèces de niches, qui trouve, près de quelques connaisseurs, une certaine approbation. Pour nous, qui recherchons, avant tout la logique, nous inclinons vers le groupement des figures d’Avenas, parce qu’il nous semble y voir un premier pas, fait par les artistes, vers les compositions à personnages, ce qu’exclut, à notro avis, le mode d’isolement des figures, placées dans des arcades :
Passant au caractère de la sculpture, nous ferons remarquer qu’à part le Christ, qui est certainement supérieur dans l’autel d’Asti, le plus simple examen démontre que les figures d'Avenas sont sans contredit les mieux traitées ; les tétés offrent, en effet, plus de vie cl plus d’animation; le jeu des draperies indiquo plus de mouvement; et l’on sent, enfin, que l'art commence à sortir de cet étal d’immobilité et de ccs formes raides qu'il avait adopté à l'origine de la sculpture romane. Ainsi, à ces figures trapues, à ces magols disproportionnés et informes qu’on voit Tépandus sur toutes les parties sculptées de l’église, telles que cluijiiteaux (I), tympans, corniches, etc., succèdent des figures plus raisonnables, mieux étudiées, et rendues par l’art dans des conditions beaucoup plus heureuses.
Reste à dire quelques mots do la technique, et cette investigation n’est pas la moins importante. Et d’abord on reconnaîtra que si le ciseau de l’artiste devient plus habile, et s’il procède avec plus de science, l'exécution du nu et de la musculature fait encore défaut; mais, c'était uno des conséquences de l’état dos esprits à cette époque : des lois ecclésiasliquos défendaient l’étude du modèle vivant. Ce ne fut donc que plus tard, lorsque l’art devint laïc et se sécularisa, qu’il acquit définitivement celle vérité de la nature, cette justesse des proportions et des formes, qui sont, avant tout, le résultat des études anatomiques; aussi, les artistes des siècles postérieurs, en s'affranchissant des prescriptions qui jusqu’alors avaient entravé leur marche, atteignirent-ils souvent, ainsi que nous le prouverons, une hauteur qu'on a rarement dépassée... — Quoi qu’il en soit, et pour en revenir:'! l'examen des bas-roliefs de nos autels, leur exécution démontre que, dès cette époque, l'artiste devient meilleur praticien et qu'il termine davantage son œuvre, bien qu’on y découvre encore quelques formes raidos et angulouscs; conséquence immédiato d’un système do facture qui tenait à l’enfance
(I) Voyez les chapiteaux historiés du porche de l'église abbatiale de Saint-Benoil-sur-Loiro, etc.