‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 3 sur 97 · MOYEN AGE — XI? ET XII' SIÈCLES — AUTELS EN PIERRE · texte numérisé non relu

MOYEN AGE — XI? ET XII' SIÈCLES — AUTELS EN PIERRE

auréole. Autour de lui, mais sur deux rangs, sont groupés les apAtres, tenant, pour la plupart, des livres , emblèmes de leur sainte mission ; quelques inscriptions , à demi effacées par la temps, indiquent encore les noms de plusieurs d’entre eux; enfin, quatre animaux, personnilicaleurs des évangélistes, occupent, vers lo centre, des positions qu’on leurs souvent données dans les compositions analogues. — Telle est, aussi succinctement que possible, la description do celte œuvre qu’on doit considérer comme l'une de celles qui aient été des plus heureusement conçues par les artistes do cette époque et qu'ils ont, d’ailleurs, assez souvent répétée, mais avec des variantes plus ou moins notables, sur les tympans des portes, sur les chaires, etc., des églises romanes.

Cependant, il est une chose qui frappe, lorsqu’on examine cet autel ; c’est son analogie avec la décoration d'un monument que nous avons publié, et dont l’art appartient à l’Italie ; nous voulons parler de l'autel d'Asti.

Afin d’eutrer, à ce sujet, dans quelques nouveaux détails, et, dans le but d’établir aussi comme une espèce de parallèle entre l'art italien et l’art français, nous allons nous permettre de rapprocher ici, pour la comparaison, deux meubles do même nature et qui, fort vraisemblablement, doivent avoir été exécutés à uno époque, à très-peu près, contemporaine. Les conséquences de ce rapprochement nous procureront surtout les moyens d’apprécier la manière dont les artistes des deux pays savaient, au XII' siècle, entendre les compositions qu'ils destinaient à la décoration des autels.

El d’abord, il est aisé de reconnaître, dans ces deux monuments, l’expression do tout un art qni parait loucher presque à l’heure de sa maturité. Mais, pour être juste, il faut ajouter que si les autels d’Avonas et d’Asti doivent être, sous le rapport des formes, considérés comme des œuvres de petites proportions, ils n’en présentent pas moins, à nos yeux, une importance capitale qui s’accroît encore par la manière dont le génie catholique sut y imprimer son cachet; aussi , peut-on les envisager, au poiut de vue de l’art, comme étant de nature à nous fournir les plus précieux documents sur certaines questions historiques. Au reste, la richesse artistique de ces deux autels n’offre réellement rien, en elle-même, qui puisse nous étonner ; car, ainsi produite, nous la trouvons dans un rapport complet d’harmonie avec le luxe et l’ameub le ment des églises, avec la beauté des vases et des ustensiles sacrés, et, enfin, avec la magnificence des vêlements sacerdotaux, à cette époque. Sous ce rapport donc, cos deux édicules viennent compléter la série de nos renseignements sur l’un des plus curieux chapitres de l’archéologie ecclésiastique, et confirmer, de tous points , notre opinion louchant la splendeur des ég lises vers le milieu du XII' siècle !

Ces quelques lignes n’ont d'autre but que celui de faire comprendre à nos lecteurs l’intérêt de ces deux petits monuments, aiusi que l’importance de leur élude comparative'. — Une des premières remarques qui découlent de ce rapprochement a trait à la question des formes. Sur ce point , il faut avouer que l'autel d’ Avenus présente un caractère beaucoup plus monumental que celui d’Asti , et que l’oeuvre française accuse davantage le génie d’un artiste qni était à la fois sculpteur et architecte, comme le furent, alors, un très-grand nombre de prêtres et de moines. En effet, ou ue saurait nier que l’idée de l’autel ne soit bien mieux exprimée dans la première que dans la seconde de ces deux œuvres; car, ce soubassement, ces colonneltes, ce bas-relief central et jusqu'à cette table saillante, sur laquelle s'accomplissait le plus saint des

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