CLOTURES EN FER DANS LES ÉGLISES DE SAINT-AVENTIN , ETC
architecture, mais aussi tout un monde d'œuvres plastiques et d'ornements en métal; il parvint mémo à créer des ensembles composés des pièces les plus compliquées et les plus délicates, représentant des fleurs, des feuilles, etc., dont on découpait les formes à la lime ou à l’emporte-pièce, qu'on modelait à l’estampe, et dont on ajustait tous les éléments avec une adresse, encore aujourd'hui l'étonnement des plus habiles. Parvenus à ce degré d’exécution, les ferronniers se tireut souvent un jeu des plus grandes difficultés, qu'ils provoquèrent, afin d’avoir l’occasion d’en triompher, et, sous l’influence de ce courant, ils conçurent et exécutèrent des œuvros d'une originalité, d’une puissance et d’une maestria devant lesquelles on reste eu admiration. Faut-il rappeler ici les ferrures des vantaux de la cathédrale de Paris, les candélabres de Noyon, etc., etc.? Toutes ces conceptions, qui révèlent une égale force de génie et de main-d’œuvre, sont évidemment de nature à donner une haute idée du talent et de l’habileté de tels artistes.
Comme il nous est impossible d’indiquer, à l’aide de uos gravures, les diflereutes phases que suhit le travail du fer ainsi que toutes les espèces de clôtures qui ont été composées pour fermer les sanctuaires et les chapelles, nous ne chercherons point à appliquer à leur étude celle succession de conquêtes daus l’art de traiter ce métal, de le modeler, d’en composer des œuvres architectoniques et jusqu'à des représentations d’objets copiés daus l’ordre de la nature; il nous suffira de dire quelques mots sur chacune de nos planches.
Clôture du sanctuaire, dans i.'Eolise de Saint-Aventin. — Ce monument semble avoir été exécuté vers la fin du XP siècle ou au commencement du X1U . Il se compose d’une grande traverse, portant d’un mur à l'autre de l'entrée du sanctuaire, et soutenue, au centre, par une lige verticale contre laquelle viennent se rencontrer et battre de doubles vantaux. A ;x>rt quelques irrégularités, le dessin du double vantail de gauche est beaucoup plus correct que celui de droite , où apparaît , un peu , le désordre d'un ouvrier qui cherche sans modèle préalablement arrêté.
Clôture de la chapelle Rainl'cci, dans i.a sacristie de l’ëclise de Sainte-Croix, a Florence. — Comme art, une distance considérable et des transformations nombreuses séparent celle Oeuvre de la précédente, lei, l'artiste est parvenu à maîtriser le métal jusqu’à lui faire prendre les formes de l'architecture et à savoir le modeler de plusieurs manières. Presque toute la donnée de la clôture de Saint-Aventin s’y retrouve, mais complètement transformée par les progrès dans l’exéeution. La membrure a donc reçu des formes architecturales, tandis que le réseau est devenu une composition symétrique de rosaces à quatre lobes, enrichies de tètes de lion, d’étoiles et de feuilles. J’appelle surtout l’attention sur la composition et le tracé du vautail de la porte; c’est de l'architecture florouliue savamment et finement exécutée en fer. — La famille Rainucci eu fit les frais, au XIV' siècle, pour clore une magnifique chapelle.
Clôture d’une chapelle, dans la cathédrale d'Orvietto. — Mêmes observations que pour l’œuvre précédente, c’est-à-dire membrures ou encadrements à moulures architecturales, remplis de quatre lobes raccordés entre eux à l’aide de liens. Le tout est surmonté d’une espèce de frise, découpée ou estampée, représentât!! des brauchagcs au milieu desquels se Irouvcut des éeussous à armoiries. Au-dessus cl comme couronnement, des tiges feuillagéos s’élèvent entre une suite de fleurs de lis découpées dans la tôle. Ce morceau fut probablement exécuté vers la fin du XV* siècle.