MOYEN AGE. — XII' AU XVI* SIÈCLE
ferronnier dans l'art de travailler le métal porta sans doute à cette adoption, et celle-ci procura aux artistes une occasion nouvelle d'exercer leur génie dans la composition et le faire de ce genre de monuments.
Ccst, peut être ici, le lieu d'examiner quelques-unes des œuvres qui ont été produites dans ■ce but et pour cet ollice; leur étude uous révélera maintes particularités relatives à leurs formes, leur exécution et leur décor.
Parlons, d'abord, de lu composition. Elle découle, on le pense bien, du but ou de l'un des motifs qui l’avaient fait établir. La donnée géuérale est un réseau métallique interposé entre le lieu où se pratiquent les rites et la partie réservée aux fidèles dans l'église. A en juger par les monuments, ce fut, presque toujours, une solide barrière formant comme une claire-voie dont les grillages permettaient à la vue de voir ce qui se passait dans le sanctuaire; quant à lu composition, c’est-à-dire au dessin et à ses éléments, on y retrouve quelques-uns des motifs usités daus les travaux contemporains de ferronnerie. Tel est, en peu de mots, ce qui concerne ce premier |*oint. — Le deuxième, l’exécution, exige un peu plus de développement. Ainsi que nous l'avons supposé, ce n'est guère qu'à partir du XR siècle qu’apparaissent les plus anciens exemples de ce genre de clôture. Jusque-là, on s'était, sans doute, contenté, comme emploi du fer, de son application aux vantaux des portes; on s'en était encore servi pour fermer les petites baies et les soupiraux; enfin, on en avait fait aussi des armatures de fenêtres, etc. Dans tous ces emplois, le travail se bornait à forger le métal en barres carrées ou plates; on savait en abattre les angles et l’on allait même jusqu'à contourner certaines parties et souder telles autres, ce que prouve l'examen des ferrures attachées aux plus anciens vantaux, etc. Ce fut, probablement, l’un des premiers degrés de la main-d'œuvre. Toutefois, le désir du mieux, la recherche du progrès, qui tourmente l'esprit supérieur sans cesse à la piste d'une découverte, parait, sur le terrain de la ferronnerie, ne s’être point limité aux procédés acquis. D’intelligents praticiens s'ingénièrent pour trouver du nouveau, et, après des essais sans doute répétés, ils furent assez heureux pour conquérir d’autres méthodes. Grâce à ces conquêtes, ou put traiter différemment le métijl, et ces perfectionueiucnts créèrent un nouvel art dans l’exécution des travaux en fer. Cette découverte reposait sur une propriété qu'avait le métal, par sa malléabilité lorsqu’il était rouge, de recevoir des empreintes à l’aide de la pression ou de l'introduction des outils daus la malière molle. Le principal mérite de cette découverte consistait donc dans la faculté qu'avait le forgeron de pouvoir douner au fer uue oruemenlatiou spéciale, mais quil fallait exécuter dans les conditions que je viens d'établir. Celle propriété reconnue et cette conquête produite, il lie s'agissait plus que d'en savoir tirer tout le |*arli possible, c’est-à-dire qu’il u’y avait plus qu'à composer uu système d’ornemcululiou et à l’appliquer aux œuvres; ce fut l'affaire du temps et des hommes. Mais, le progrès uc devait (joint s’ en tenir là. Par celte conquête , l’art avait fait un |«s en avant, et ce pas allait conduire à uu autre bien plus cousidêrable, puisque l'ornemeulatiou n’était encore produite qu’à l'aide de la pression d’un outil daus le métal mou, c’est-à-dire que par le refoulement de la matière. Or, l'effet obtenu par ce système de pression provoqua, il se peut, l’idée de l'estampage qui conduisit, vraisemblablement, au modelé au marteau, etc., autres conquêtes dont les résultats devaient produire, un jour, des travaux d'une puissante énergie; car, d'idées eu idées et de conquêtes en conquêtes, le praticien en arriva à savoir traiter le métal avec uue précision et une habileté telles qu'il eu forma nou-seulemeut des créations complètes en