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CHAIRE A PRÊCHER

DANS L’ÉGLISE CON VENTl'ELLE DE SAINT-FRANÇOIS, A ASSISE

En Italie, où les traditions et les pratiques de la primitive Église se perpétuèrent beaucoup plus longtemps que dans les autres pays de la chrétienté, l'usage de l'ambon, plus ou moins modifié, fut consorvé, dans l'intérieur dos édifices religieux, jusqu'au XV! siècle, et ce n’est guère que vers cette époque qu'on vit apparaître les premiers exemples de chaires à prêcher. Mois , dès lors, ces monuments-meubles présentèrent, dans leur constitution, des particularités distinctives et caractéristiques qui tinrent essentiellement à l’état de l'art en ce pays, particularités qui méritent d'élre signalées et reproduites dans notre recueil. Examinons ici l'une de ces chaires italiennes, celle de l’église conventuelle de Saint-François, à Assise.

Ce meuble nous parait d'autant plus intéressant à étudier, qu’il offre, dans son ensemble, un spécimen servant comme de transition entre l'ambon et la chaire à couronnement , c’est-à-dire, un exemple, d'origine italienne, dont les dispositions se placent, par leur nature, entre celte espèce de tribune, telle qu'on la voit constituée à Saint-Clément , à Toscanclla , à Saint- Miniato, et la chaire adossée, surmontée d’un abat-voix, ainsi qu’il s’en trouve à Saint-Étienne de Vienne et ailleurs.

L'étude archéologique de la chaire d' Assise se présente à l'observateur sous deux points de vue différents : d’abord, sous le rapport de l’architecture, comme une des transformations que subit la tribune do prédication; pois, sous celui de la décoration, comme un exemple de ce système de polychromie, appliquée par les artistes du moyen âge sur les objets qu'ils furent appelés à décorer.

En ce qui concerne ses formes cl scs dispositions architectoniques, cette chaire se compose de doux parties principales : d'une espèce de tribune, réservée à l’orateur sacré, et d’un support destiné à la soutenir. Ainsi l’ensemble, considéré au point do vue de la composition, consiste donc en une caisse polygonale, reposant sur un fût de colonne, à l'aide d’une construction intermediaire, formée d'une suite de moulures disposées selon le système de l'encorbellement, afin de relier les deux parties constitutives. Nous ne nous étendrons point ici sur Fexamen élémentaire de sa décoration, c'est-à-dire sur celle qui couvre les faces antérieures de la caisse; ce sont là des détails inutiles pour nos lecteurs. Bornons-nous à appeler seulement leur attention sur la naturo et le caractère des formes. Toutes ces arcades, colonnes, frontons, etc., accusent évidemment, dans leur constitution et dans leur agencement, cette modification caractéristique que subit, dans l'Italie, l'architecture en arc aigu pendant le cours des XIV! et XV! siècles, modification qui donna aux œuvres de cette époque un cachot particulier, résultant de l'influence qu’y exerça toujours l'art antique, et dont notre chaire renferme plusieurs éléments. Mais, à Saint-François d’ Assise, les dispositions de ce meuble présentent encore une autre particularité digne de remarque : si l’escalier fut, le plus souvent

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