MOYEN’ AGE. — XII‘ ET XIIE SIÈCLES. — CHAPELLES DES TEMPUERS
1111 peut arqiicrir la eeiiilude à la vue du iiioiiasièrc de .Mayorga, où il no rosie plus que des ruines en pisé, mais sans aucune forme arcliilecturale.
lai cluqielle de la Vraie-Croix se Irouve située sur un |H‘lil pinleau, hors des murs de Ségovie, à droite de la roule d'Avila ou de Villaeastin et sur le chemin de Zamarramala, derrière le couvent du Carmen, près de la fontaine miraculeuse de Fiiencisia, qui est sur la grande route eu face de la pointe de l’ Alcaxar. Elle est assez petite (' ) et complélemcnl isolée sur le hord d'un raviu ou précipice. Sa construction ne remonte guère au delà de la Gn du .XII' siècle ou du coinmencciiieiit du XIIP , et celle opinion est élahlie par la découverte (’) d'une inscription qui était placée, à l'intérieur, au-dessus de la porte méridionale. Eu voici le texte :
II.EC S.tCBA FVNOASTES C<CLE8TI SEDK LOCENTVn, ATUVE KVBEBKASTES IS EABEM CO S » DE I E N T V B. BEtilCAGIO ,sle] ECCLESI.E BEATI SEEVI CIIRISTI. IIIVA ABBILIS, EBA V. CC. .XL. 11.
La consécration de cet édiGce, dont la cérémonie cul lieu le 13 avril 1242', est, sans aucun doute, bien (Kislérienre à la coiislruclion elle-même.
la* plan particulier de celle chapelle, qui affecte la figure d'un dodécagone, a fait dire ahusiveiiient qu'elle était une imitation du Saint-Sépulcre, à Jérusaleiu; mais, elle lire, eu réalité, son nom d'une relique de la vraie croix que des membres de l'ordre y avaient apportée et placée. Cet. édifice ii'offrirail certes rien de bien extraordinaire, si nous n'avions à signaler, dans l'intérieur, certaine disposition étrange qui en fait une des singularités les plus remarquables. Celte parlicularilo, comme un va le voir, mérite, sous plusieurs rapports, ipie nous entrions dans un examen dont le détail produira presque l'allrail de rincoiinu, et, à défaut de renseignements, la nature même de la composition suscitera des hypothèses dans lesquelles nous découvrirons, |ieul-èlre, rinleiiliuii ou le but de celte disposition plus que singulière. — Lorsqu'on examine le plan de cetlc chapelle, on reinarqiic, au centre, une construction isolée dans le bas, mais se reliant, par le haut, à renseiiible; c'est comme une espèce de sanctuaire secret cl pins petit, agencé dans un plus grand édifice. Vue en coupe, on dirait une église haute avec une cha|>elle basse ou crypte. Sa forme épouse celle du monumeut. Un escalier à Lampes op|K>sécs, cniislruit en face de la porte (midenlalc , conduit à ce sanctuaire. Quelle dût être sa desluialion î .Nssez vraisemhlahlemeiil , le lieu où les frères-chevaliers venaient remplir leurs devoirs religieux et assister aux cérémonies de réception. La règle qui les obligeait de se réunir dans un endroit sé|iaré, les força sans doute , par le choix qu'on fil du plan donné à l'église, de chercher un moyeu ou uii exfiédienl pour pouvoir concilier les prescriptions monusti(]ues avec le besoin de faire participer le personnel inférieur aux pratiques ou aux exercices du culte (’). Après une patiente élude de la part de l'architecte, il en résulta, fort vraisemblablemeul, cette dis|Hisition, qui découlait de l'adopliuii même de la figure géométrique, et cet artiste fut ainsi conduit à placer, au centre, ce sanctuaire ou ce lieu consacré à
^1] Son etendun no plis üi\
(S) Nou» devonii, k Tun de nos amis el cvllaboratours, .M. Henri Lc<;;raml, Uhi» I 05 docuinefllé liisloriqne» ol (of>u);ra> pliiqufs qui conoi'rnont ce( é<liCc5.
(3) Ce |)Ci>onitel occupail vntiH'mbUiblement la partie Lassno de l'otlitice.
CHAPELLES ÜE L’ORDHE DL TEMPLE, A SEGOVIE, ETC.
raccouiplisseiiieut de certains devoirs jiar les chevaliers. — Dans celte chapelle, se trouvent un autel (*) ainsi qu'une porte et deux fenêtres, dont celle de l'Orient, ouverte du côté de l'apside, permet de voir et d'assister, des yeux, aux diverses ceremonies. — Quant à l'espace vide se trouvant sous l'église centrale, il y a toutes raisons pour adineltre qu'il n'eut |ioiul, cnniiue ou le |ieasu, de destination extraordinaire. Nous allons le prouver. De la construction ou de la pensée de ce sanctuaire en surélévation découla naturellement une base ; mais, dans ce cas, on comprit le mauvais effet d’une couslrucliou pleine, et l'on chercha les moyens d'en tirer parti. Or, c'est vraisemhlabicnicnt aloi-s que se présenta l’idée de la convertir en un passage, et, dès ce luomeul, l'architecte lui donna les formes qu'on y remarque. Tel nous |>aratl, du moins, le hut ou la raison d'être de celte partie; car, je ne serais guère dis|K)sé ê y voir un endroit consacré aux cérémonies de la réception des chevaliers ; le sanctuaire central a dû plulêt servir à cet oflice. — Cette même disposition, coupant la vue de l'autel apsidal, se retrouve encore en Espagne, dans un petit monument carré, situé à Uuadalajara, dans la rue d'Aragon. La construction est tout en briques et ornée de peintures toises à l'époque de la Renaissance, c’est-à-dire au motneut où cet édilice n'ap|iartenait plus aux Templiers cl était descendue au rang de chapelle ordinaire. — Il se trouve aussi, dans |a Péninsule , d’autres petits monuments religieux qu'on attribue à cet ordre et qu'on pourrait faire rentrer dans ceux de celte famille; mais, ils ne présentent |ias cette disposition de la chapelle de Ségovie, je veux dire ce sanctuaire et cet autel secrets de l'étage central et su|iérieur où quelques historiens supposent que les chevaliers accomplissaient des rites secrets, rapportés d’ürieut.
Eu raison même de sou petit nombre de baies et d’ouvertures, la chapelle centrale de Ségovie est très-sombre ; l'intérieur de l’é.glise n’est guère plus éclairé ; car, il y a peu de fenêtres, et elles sont toutes très-étroites et dans la forme de meurtrières.
Il nous reste peu de chose à dire pour compléter cette description. Cefieudant quelques autres détails sont assez caractéristiques pour mériter de prendre place ici. Et d’abord, le soubassement est construit par assises réglées, et, par fragments irréguliers, dans les trumeaux; taudis que les contre-forts, qui correspondent aux colonnes de l'intérieur, sont en appareil rectiligne. * — Il est encore à noter qu’à l’extérieur, toutes les baies sont eu plein cintre avec moulures et décor entièrement romans, cl qu'à l'intérieur, celles de la construction centrale, |xir priuciirc de solidité, sont en arc aigu, de môme que les ares-doubleaux de la galerie ou du pourtour qui l'environne ; mais, la forme de ces derniers se rapproche beaucoup du cercle, et, pour y apercevoir une pointe, il faut y regarder de bien près. Ceci nous |>orte à a|)peler l'atleuliou sur le système de construction de la cihapelle basse et de la chapelle haute, dont les voûtes sont de deux formes ; elles nous paraissent commandées par la fonction ou par la place qu’elles occupent. — L'édifice a deux portes, l’une méridionale, à côté de la tour ou clocher servant peut-être de résidence, et l’autre, ouverte sur la campagne. Ou remarque encore une croix à double * traverse peinte sur le tympan extérieur de la porte occidentale; dàutres croix, mais en fer et d'une grande simplicité, surmontent le toit ccutral ainsi que celui du clocher. — Enfin, dois-je, en terminant, faire observer qu’à Ségovie et dans cette église, on retrouve l'inlluence de
(!) Sur cel aulet, se pUcatl sans doute le reliquatre de la Vraie Croix.