CHAPELLES DE L’ORDRE DU TEMPLE, A SÉGOYIE, ETC
]ias (JaTiiiilace sur cc petit édifice, et nous nous bornerons à dire qu’il a fort vraisemlilalilcmeut dû être établi à une date où l’ordre était encore dans toute sa force, entre la fin du Xllt siècle et le commencement du XIIP , c’est-à-dire à une époque de transition dans l’art, époque qu’on reconnaît à la présence des empalenienis aux bases et à celle des anneliires ou Itagues aux fûts des colonnes et aux pilastres. — Vers le milieu du XlVt siècle, on couvrit les parois intérieures de peintures dont on apercevait encore, il y a quelques années, de très-faibles traces ('). — Ce monument avait doux portes.
Mais, parmi les particularités, plus ou moins sitiiçulièn's, que présentent quelquefois certains monuments, il n’en est guère de com|>arables , pour l’étrangeté, à la disposition que l’on voit dans l’église de la coinmanderic de Saint-Jean de Jérinsalcm ou de la A'raie- Croix, à Ségovie. Afin de la mieux faire comprendre , nous allons entrer dans (juelques détails, et, grâce à eux, nous chercherons à nous rendre compte d’une singularité dont on ne connaît jusqu’ici que fort peu d’exemples ; cette bizarrerie mérite bien qu’on l'exauiine. ^ Toutefois, avant d'aborder ce chapitre, il est bon de faire cuunaiire le monument qui la ‘ renferme. Commençons donc par quelques faits et par quelques dates relatifs à sa nature, à sou histoire, etc. La première des questions qui se présentent offre déjà son importance. Tout le monde sait que les chapelles construites pour l’ordre des chevaliers du Temple, faisaient ordinairement partie do bâtiments monastiques occiqtés pur des groupes plus ou moins nombreux de membres ou de frères; c’est, du moins, une règle presque constante. Eh bien, eu Es[tagne, à Ségovie et dans d'autres localités, Texamen actuel des lieux et la position de ces chapelles tendraient à faire croire qu’elles oui dû être isolées, à l’origine, et ne se rattacher à aucune construction monastique ; ce qui constitue , à nos yeux , une singularité bien digne de remarque. Or, une telle singularité, si ou la pratiqua, fie peut avoir eu lieu sans une cause; mais, à tant de siècles de di.stance, celte cause nous échappe, soit par la destruction, invisible sur le terrain, dos bâtinieuls qui rentouraient. soit encore par la perte ou l’oubli des textes qui pourraient la fournir. Toujours est-il qu’à l'heun- présente, notre monument se trouve dans un isolement complet, qu’aucun vestige, <|u’aucutic suhstruction, qu’aucun arasement même ne peut le faire supjKisa'r comme se rattachant à des constructions grandes ou petites, c’est-à-dire à celles détruites d’un prieuré, d' une commanderie, etc., ces divers degrés des bâtiments de l’ordre. L’absence ou la di$|>aritiuu des traces d'un édifice monastique n’aurait, du reste, rien de bien extraordinaire, quoique je ne l’affirme pas à l'égard de celui de Ségovie, puis(|uc je n'en ai ni fouillé ni exploré les lieux (’). Nous en fournirons une preuve qui s’applii|ue à la généralité. Cet ordre, qui était puissant eu Es|uigue, s'y éteignit eu 1112, c’est-à-dire qu’il survécut près d’un siècle à son abolition en France, de 1301 à 1312. Peu après celte époque, le gouvernement espagnol donna tous les monastères des Templiers aux autres ordres militaires; ces divers bâtiments subirent d'abord, au temps de la Renaissance, do nombreuses appropriations qui eu modifièrent beaucoup les dispositions primitives , et , plus tard , les vicissitudes do la guerre ou les injures du temps achevèrent do les défigurer ou de les détruire;
(t) Selon M. de Roisin, CM peintures remontent k la première moitié du XlVe siècle. {BuUttin JrckMoÿitjut; Tome IV, toco f/to/o.
(S, tf. Leprand soutient que te couvent du Carmen, qui so trouve non loin de cette chapelle, n'a jamais atqjurlenu à Tonlre dos Templiers, et, par conséquent, n'a rien de commun avec la construction de la Vera-Cruz.