‹ L'ArchitectureChapitre 39 sur 54 · DITE DE SAINTE-CLAIRE, AU PIJY · texte numérisé non relu

DITE DE SAINTE-CLAIRE, AU PIJY

L'hiüloire, aussi iiiléressaiile qui- variée, des eba|>clles(‘) est une de ces investigations que l'on ne saurait entreprendre à l'aide d'une seule planche; car, pour parler de leur destination, de leur nature et de leur développement à travers les âges, euinine aussi pour traiter de leurs formes, de leurs dispositions, de leur décor et des dlITéi'ents nieuLdes qu'elles ont pu contenir, il faut, certes, avoir devant les yeux une suite d'exemples oITraut divers tj[H‘S ou repn'-sentaiit les variétés principales de res|ièee, et, celte condition, notre seule elia|>clle du Puy ne saurait évidemmeul l'olTrir. C’est encore une de ces études qu’il faut reporter à notre Supplément. Ainsi, en l’absence des spécimens qu’exige un semblable travail, je me vois restreint à la simple analyse de la cha|>elle du Puy, dont la forme, prise isolément, n’est qu’un des nombreux types do la famille. Je me renfermerai donc dans sa description; mais, elle ne saurait être étendue, puisque le plan et les dispositious , par leur simplicité, ne fournissent matière â de longs développements. Ces deux points expliqués, une autre question réclamera notre examen : je veux parler d’un système de décor qui fut particulièrement en usage dans la région où se trouve cet édifice et dont la durée ne s’étendit guère au delà d'un ou de deux siècles. A ces seuls points doivent, eu ce moment, se borner nos recherches sur les chapelles dites romanes (*).

L’édifice du Puy se rattache, par sa nature, à la classe des rhapfUes Mées (*), et la forme de son plan le range dans la famille de celles qui furent établies sur une figure polygonale. — En étudiant cette construction, on s’aperçoit que l'artiste voulut en délimiter les parties. Un espace octogone, affecté à une destination et réservé aux persounes qui devaient la remplir, précède un sanctuaire consacré aux prêtres pour les cérémonies du culte. — » Voici comment on décora les faces extérieures et intérieures. Sur une espèce de soubassement, qui sert de support, s’élèvent huit arcades dont les pilastres et les colonnes angulaires forment comme autant de petits contre-forts. — Au dedans, la partie supérieure est couromiéc par une coupole; mais, celle-ci n’est point circulaire : elle é|X)use la figure de l'édifice, et se trouve, ainsi, formée de huit sections qui, en montant, vont se

(4) Voyez le remarquable artirle qu'a publié M. Viollet-Lcéuc dan, aou DUtionnaIre de V Architecture /rançatMf du Xf, au Xf't', tliete.

(3) Noua traiterons, plus tard, deu différentes espèces et des différentes formes de cbapelles ; puis, nous les comparerons synchroniquement entre elles, c'eat-é. dire sur les divers pointe de l'Europe aux mêmes époques; enSn, nous essaierons d'y rattacher aussi la question des idées et des écoles régionnaires.

(a) Je présenterai, dans la suite, des ezemplee de chapettes attenant aux ép/iaea, etc., etc.

MOTON AGE. — Xl^ ET XII^ SIÈCLES. — CHAPELLES, réunir en un point. Cette variété dans la composition des coupoles appartient, si je ne nie trompe, aux Romains; mais, les artistes du moyen âge rappliquèrent, d’une manière plus ou moins rigoureuse, h une époque bien antérieure à celle où Brunellesclii éleva la coupole de Sainte-Marie-des-FIcurs, à Florence. L’idée est évidemment la mémo, et la seule différenre consiste dans l’échelle qui exigea des combinaisons |>articulières. .Au reste, cette di.s|iosition ne fut pas seulement employée par les airhilrcles de l’époque romane; on en voit aussi des exemples dans les édifices eu arc aigu. Ajoutons encore qu’à [lart sa nature, dont le principe est la solidité, ce système offre une a.ssez grande facilité d’exécution. — Par une singularité, à coup sûr digne de remarque , on avait ménagé deux portes dans les murs de notre chs|>ellc. La première est ouverte dans l’axe principal du monument, tandis que la deuxième se trouve dans l’axe .secondaire ou transversal. Une semblable disposition, que présentent d'autres chapelles encore inédites, s’observe aussi, pour la seconde porte, mais sur le cftté opposé, à la chapelle de Sainte-Croix , dans l’abbaye de Montmajour (*), Cette particularité nous a toujours paru avoir une intention ou une destination funéraire. — Je passe au système de décor adopté par les artistes de l’école auvergnate pour orner certains points des faces externes de leurs édifices. Ce système, dont on retrouve des analogues à Constantinople, en Sicile,* en Italie, en Allemagne et dans plusieurs parties de la France, mérite, selon nous, d’ètre signalé; car, on l’employa dans bien des pays cl à plusieur.s époques, et celle notion en démontre l’usage pendant de longs siècles de même que le parti qu’on en tira. Du reste, on n’y peut voir autre chose qu’un décor, et l’idée eu sera probablemeul venue de rallianec, dans la bâlis.se, de certaines pierres, diversement colorées, dont l'.Auvergne surtout possède de nombreux gisements. Iji vivacité de ces Ions, se détachant sur la nuance généralement blanche, grise ou jaune d« la pieriv ordinaire, produit des oppositions tranchées qui séduisirent les artistes. Celle idée découverte, l’application suivit bientôt, et, dès ce 'moment, les arehileeles s'ingénièreut à trouver des combinais4ins de dessins que l’on appliqua aux parties les phnt importantes des édifices. C’est ainsi qu’on en voit l’inlrn<luclion aux archivoltes des arcades, aux tympans des portes, aux croisillons des Iranssepls, aux murs apsidaux, etc. Les monuments religieux de l’Auvergne, conalniils aux XL et XH*. siècles, en ont conservé de remaïquables S|iécimeos. Au [mini de vue de l'art de la décoration, ce mode ne pouvait guère entrer en parallèle avec les mosaïques dont ou avait oniè et dont on ornait encore les faces extérieures de maintes églises ou basiliques de l'Italie; l'.Auvergne, d’ailleurs, ne possédait pas, que je sache, d’artiste mosaïsic; cependant, elle voulait onic'r ses monuments, et, celle ornemeiitaliou, elle eu puLsa vTaisemhlahlement l’idée dans l’emploi ou rapplicalion de matériaux que reeélait son sol. Sous eo rapport donc, l’adoption de ee mode occupe une place marquée dans l'histoire de la décoration des édifices; aussi, ne pouvions-miua le pas.ser sous silence. Je n’en dirai |ias davantage, et me réserve (Tapprofonilir celte matière lorst)Uu nous publierons la monographie de quelque grande construction de l’Auvergne (*).

(1) 11. VioLLrr-Lcmx, Dictionnairt df VÂrchitecibrt françaUe du Xt* au X^!*, tiécU; Toai. II, pa^

(!' Voyet «urtnul telh dt l'égiist <T , qui fait ptariM de notre âU{>fléaMint.

‘ l‘ORCHE ANTÉRIEUR I>E L’ÉGLISE MONASTIQUE,

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