DES ÉGLISES CATHÉDRALES, A PARIS ET A MEAUX
L'idée de celle |tarlie Irausversule, qui, dans les niouuniciits religieux, a reçu le nom de tramsept , c’est-à-dire sou agencenjeul aux premières basiliques chréliermes semble être le résultal d’un besoin ou la conséquence d'une nécessilé. Lorsque le cUrislianisine sorlit des calacombcs pour pratiquer, au grand jour, les cérémonies de son culle, il créa des bàliineuls pour servir de lieu de réunion ou d'assemblée ; mais bieulûl la masse des uéophylcs et des fidèles devint si considérable qu’il fallut multiplier Ics basiliqucs, afin de recevoir ce nombre toujours croissant de nouveaux convertis. Comme 'on le pense bien , tous ces édifices n'eurent pas la même importance, et plusieurs même durent avoir des proportions telles que les architectes furent contraints de s’écarter des plans et des dispositions jusqu’alors adoptés. On éleva donc de grandes et de petites églises. Or, cette remarque dévoile ici un fait. Pour la construction des ces grands vaisseaux, le mode des petites basili<|ues à une ou trois nefs ne put convenir. On no connaissait pas encore ce système d’éperon de soutènement que l’on uüinme contre- fort et arc-boulanl, cl cependant il fallait maintenir de grands murs droits, destinés à supporter le comble. C’est vraisemblablement alors que la pensée vint à un architecte d’appliquer à ces églises un moyeu ou un expédient qu’on avait déjà mis en pratique dans quelques monumcnls de Rome : celui d'établir transversalement une autre nef sur la nef longitudinale, et, ainsi disposées, ces deux constructions, qui s’areboutaient eu se croisant, produisirent reffet voulu, c’est-à-dire une condition de stabilité ainsi que île duiée, qui ouvrit une voie nouvelle à l’architecture des églises. En effet, par cette combinaison des deux nefs en sens contraire, on obtint comme une sorte de solide d’éperon naturel, et l’idée de cet éperon fournit, comme résultat, un véritable progrès duos l’art de les bâtir. Grâce à ce moyen, l’église put occuper une plus large surface, connue elle put recevoir aussi des dimensions plus considérables, et réunir, conséquemment, de plus nombreux fidèles. .\ux extrémités de cette nef trausvcrsale, les murs moulants finirent en pignons triangulaires; puis, uu comble en charpente, établi sur le tout, vint supporter lu couverture des toits. Tel fut, dès l'origine de l’Église, le point de dé[>art d’une des principales parties des monuments religieux. Celte idée
MOYEN AGE. — XIIi: ; XIV' ET XV' SIÈCr.KS. — CROISILI.ONS DE inANSSEPT.
reconnue el nii$c en |>nili(|ue, il ne s'agil plus que d'cu varier le plan, les dispositions ainsi , que le décor; ce fui l’effet du temps, des hommes et des idées qui se sont produites pen-
dant le cours des différents siècles.
L'on u’altend pas de nous une analyse ou un examen des transformalinns que subit le Iranssepl à toutes les époques cl chez tous les peuples. Pour cela, il faudrait pouvoir les indiquer à l'aide de planches qui nous manquent. Nous devrons donc, eu leur absence, nous borner à 1 ■ • quelques traits jténéraux ; ils seront destinés h servir d'acconi|)agnemenl à nos gravures. Tou-
^ ' lefois , je n'aborderai point le chapitre de la consliuction , mais seulement celui de la dis-
* . position el du décor.
Dès les XP et XIP siècles, le IraussepI, tel qu’on l'avait établi aux grandes basiliques, ne put s'adapter aux églises de l'époque romane. Les premières avait un comble en bois; celles-ci étaient couvertes de voûtes en pierre. Ou y ap|Kirta dès lors plusieurs cliangeinenis nolidties; car, après être passé [tar les mains des artistes de cette époque, il en sortit nouveau el Irans- ' formé. Mais tout porte à croire qu’aiusi conçu, il ne répotidil (loiiit encore aux désirs des hommes du XIIP siècle. Le bAlimenI de l'église, en reeevanl une extension considérable, força les architectes à donner à leur IraussepI des proportions basées sur rimportance des constructions nouvelles. Les croisillons prirent donc un développement en rap|)ort avec l'édifice, el, CCS conditions données, il n’y eut plus qu'à s’occuper de la composition architecturale. Celle-ci comprend ou se divise en deux parties : la bâtisse propremeiil dite el son décor. — Déjà les romans, en empninlant aux basiliques la disposition de leur IraussepI, y avaient introduit des modifications ; ils l’avaient établi sur de solides piliers eentraux contre lestpiels on arcboula des murs déjà pourvus île contre-forts, el le tout venant à se pousser, il n’y eut point à craindre de lasseuient et d'écart qui pût compromettre l'édifice. Ce système, les architectes du XIII' au ■XV! siècle l’admireul el le dévelop|ièreul; j'ajouterai même ipi’ils arrivèrent, sur ce [mini, à des résultats fort surprenants.
Comme nous l'avons dit, le Iranssepl consiste eu une coiislruclion disposér* Iransversale- . meut aux nefs cl ayant ou non des issues ou portes à ehacune de ses extrémités. Celle construction , qui offre l'aiipareiice d’une grande nef, coupe ou [léuètre l'édifice vers le milieu ou la partie postérieure, el, ]>ar son agencement, donne au plan de l’église la forme d'une croix. Quel(|ucs personnes oui cru voir une pensée de symbolisme dans celle disposition, 'fout ce que l'on peut dire : c’est que, vue de l'extérieur, elle donne au monument un certain jeu de lignes, une certaine silhouette, un certain effet pillorestpie qui manque aux premières basiliques ainsi qu'aux petites églises romanes. Ou doit eucore ajouter que celle partie de la construction produit un grand effet, au dedans.
Apn-s le chapiire de la bâtisse, qui est le plus capital, comme plan, dispositions, etc., arrive ■X ^ celui du décor des faces extérieures cl intérieures. Sur ce [loinl, il faut recouualtre que
les artistes des trois derniers siècles du moyen âge s’efforcèrent d’en varier les systèmes ainsi que les motifs; aussi, bien peu, coiimie cuin|iosilion archifeclurale et ornemenlalive, se ressemblent. Cette décoration participe, en général, des idées, <lu goût el des éléments pru|irrs à chaque époque, à chaque pays et encore à chaque région Dans l’ensemble des parties dont se • compose le Iranssept, celle qui exigea le plus d'études el de combinaisons de la part de l’a'rchi-
lecle fut évidemment la face, qui, aux extrémités, fait retour à angle droit et constitue un large ^ •• ehainp au décorateur; <[uant aux faces latérales, elles répètciil, avec plus ou moins de va-