‹ L'architecture. Le passé.--Le présentChapitre 2 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

gcnccs spéciales de ce ré^^ime. Mais ces influences ne peuvent agir sur rarchilecle t]ue s'il en lire lof^iqueiiienl et sincèrement parti.

Nous possédons bien ces éléments de rénovation, mais sans chercher à profiter des avantages qu'ils offrent en faveur de la conception et de la composition. Nous sommes aveuglés, d'un côté, par le prestige des formes anciennes, et de l'autre, par la vaniteuse et puérile prétention de créer de nouvelles formes, sans autre direction que la fantaisie.

Ce n'est pas un style nouveau dont la société actuelle a besoin; ce qu'il lui faut ce sont des solutions techniques et pratiques qu'on réclame de toutes parts, sans en formuler peut-être nettement la nature, mais dont la nécessité impérieuse s'impose à qui prend la peine d'observer et de méditer. L'important c'est d'assurer, avant tout, ces résultats ; les satisfactions rêvées de l'esthétique en seront la conséquence. Procéder inversement est une erreur fatale. L'art n'est pas un point de départ et il n'intervient qu'en raison du savoir, de la logique, du goût et de la mesure que le chercheur a apportés dans la conception et la réahsation de son œuvre.

N'avons-nous pas d'ailleurs un exemple des plus intéressants et des plus utiles à suivre dans les expressions nouvelles des véhicules terrestres et marins actuels ? Leur a-t-on donné les foriTies de la carrosserie ou de l'architecture navale du temps de Louis XIV ? NuUeiTient ; les coinbinaisons et les apparences ont été déduites des données scientifiques et industrielles et ces abris roulants sur le sol terrestre ou flottants sur l'eau donnent toutes satisfactions. Pour quelles raisons les abris fixes que sont les bâtiments sont-ils soumis à un régime de composition différent?

Pourquoi l'esprit de routine, de copie et de fantaisie se perpétue-t-il dans tout ce qui se rattache à l'architecture des bâtiments et du mobilier, alors qu'il a disparu dans d'autres milieux producteurs, cependant analogues ? La question vaut la peine d'être approfondie, car elle n'est pas seulement d'ordre artistique, mais avant tout technique, hygiénique, économique, Hée qu'elle est à la santé, à la sécurité et à la bonne gestion de la fortune pubhque et privée.

La Renaissance et surtout les époques qui l'ont suivie ont pu donner aux œuvres un caractère artistique ne reposant que sur l'imitation ou l'interprétation plus ou moins justifiée du passé, parce qu'elles ont fait bon marché de toutes les exigences qui sont capitales à l'heure présente. Notre cas est donc complètement différent; aussi ne comptons pas sur le secours factice que nous apportent ces périodes et ne suivons pas leurs errements. Prétendre résoudre le problème de l'architecture moderne, en construisant comme du temps de Louis XVI et en s'inspirant du caractère monumental déraisonnable de cette époque pour concevoir et décorer nos édifices et nos meubles est une ridicule et fatale erreur, car il est impossible de tirer de ces exemples quoi que ce soit d'utile et de stimulant dans leur application aux programmes actuels.

La voie d'imitation nous est fermée aujourd'hui et celle d'un modem style sans fondements ne doit pas être ouverte.

Un effort nouveau est donc nécessaire, mais pour le faire naître, il faut instruire les clients et les professionnels futurs dans un même ordre d'idées, susceptible de donner une direction qu'il n'est possible de puiser que dans l'étude raisonnée et analytique du passé, ainsi que dans l'examen consciencieux et éclairé

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