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L'architecture religieuse en France à l'époque romane

Si le présent livre était digne de faire l'objet d'une dédicace, je le dédierais à l'École des Chartes, à la mémoire de Quicherat qui y fut mon maître, aux trente générations de travailleurs qui y furent mes élèves.

Bien souvent ceux qui ont suivi mes leçons m'ont poussé à les rédiger et à en présenter la substance au public. J'ai mis longtemps à m'y décider, trop longtemps peut-être, car l'étude de nos monuments est moins négligée que jadis, les hommes qui s'y livrent se sont beaucoup "multipliés et les bons livres qu'elle a inspirés sont devenus assez nombreux pour que je puisse me demander si le public ne trouvera pas le mien superflu.

J'ai pensé néanmoins qu'à côté d'un Manuel aussi général que celui de mon ami Enlart, à côté d'une grande Histoire embrassant toutes les manifestations de l'art comme celle d'André Michel, il y avait place pour un ouvrage plus modeste et plus spécial. De l'aveu de tous, aucun pays depuis l'Antiquité n'a joué un plus grand rôle que la France dans le domaine de l'architecture. Au moyen âge ses églises étaient admirées de l'Europe entière, et ses constructeurs étaient appelés jusqu'en Suède et en Hongrie pour en élever de semblables.

Mais quand on parle des monuments français, la plupart des gens ne songent qu'à nos cathédrales gothiques, et oublient que longtemps avant qu'on eût posé la première pierre de Notre-Dame de Paris, de Notre- Dame de Chartres, de Reims ou d'Amiens, notre sol était couvert d'églises romanes, moins vastes assurément, moins majestueuses peut-être et moins impressionnantes, mais qui renferment elles aussi des beautés de premier ordre.

Ce n'est pas d'aujourd'hui pourtant qu'on a commencé à proclamer les

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