EN ITALIE
œuvre de l'édifice depuis le ix^ siècle. Elle possède encore une mosaïque mentionnée dans le Liber pontificalis et un détail consis;né dans le même recueil permet
Rome. Sainte-Pr;
■ U chapelle Saint-Zeiioii
d'affirmer que le nombre des arcades de la nef n'a pas été modifié depuis le temps de son fondateur '. Cattaneo attribue au temps de Pascal P' cinq de ses chapiteaux qui ne sont sûrement pas antiques. Mais ils dénotent un progrès si sensible sur les
1. Pascal 1er donna vingt voiles de quadrapido fice actuel comprend dix travées, ce qui fait en pour accrocher aux arcades de la nef. Or Tédi- tout 20 arcades (Lih. poiilif., t. II, p. 55).
lyé l'architecture religieuse a l'époque carolingienne
œuvres similaires qu'on rencontre dans les diverses parties de l'Italie, que Rivoira ne les croit pas antérieurs au x'' siècle '.
Santa Maria in Trastevere fut l'objet de travaux importants au ix*^ siècle. On savait par \e Liber pont ificalis que le pape Grégoire IV (827-844) en avait remanié l'abside, il en avait notamment exhaussé le sol de telle sorte que le sanctuaire for- ■ niait une sorte d'estrade à laquelle on accédait par plusieurs marches et dont la partie antérieure était ornée de sculptures ^ Des remaniements, remontant sans doute au temps d'Innocent II, avaient fait disparaître tout cet agencement, mais des fouilles exécutées en 1865 en ont fait retrouver les éléments principaux et ont remis au jour une vingtaine de panneaux sculptés d'un haut intérêt >.
Il est probable que des fouilles amèneraient des découvertes analogues à Saint- Georges-au-Vélabre dont l'abside fut également refaite sous Grégoire IV K Quelques fragments de sculpture encastrés sous le porche de cette église permettent en tous cas d'affirmer qu'elle était décorée comme la précédente.
Rome possède enfin dans la basilique de Saint-Clément, un édifice que l'on a longtemps considéré comme un des plus sûrs témoins de l'état de l'art en Italie au ix= siècle. Mais le hasard ayant révélé l'existence sous l'église actuelle de substructions considérables, M. de Rossi en entreprit en 1858 l'exploration méthodique. Il retrouva à cinq mètres environ au-dessous du sol moderne les restes d'une autre basilique à laquelle une étude minutieuse lui prouva qu'il fallait rapporter les textes que l'on avait trop facilement appliqués à l'église actuelle. Celle-ci n'est pas antérieure à la fin du xi'= siècle. L'incendie allumé en 1084 par Robert Guiscard lorsqu'il vint au secours du pape Grégoire VII, bloqué dans le château Saint-Ange par l'empereur Henri IV, avait occasionné la ruine de l'ancien Saint-Clément. La tourmente passée, on songea à relever l'édifice, mais le sol qui l'environnait s'était tellement exhaussé par l'amoncellement des décombres qu'on trouva plus économique de remblayer le vieil édifice et d'en construire un neuf. On transporta donc dans la nouvelle église quelques-uns des ornements qui décoraient l'ancienne et on laissa debout dans le sol ses colonnes et ses murs décorés de peintures que l'on a retrouvées, bien conservées encore, après huit siècles d'ensevelissement K
Le x^ siècle est représenté à Rome par Santa Maria in Ara Cœli qui date de l'an 900 et qui a conservé les dispositions essentielles de sa nef avec ses colonnes disparates, sa curieuse suite de chapiteaux variés dont beaucoup sont antiques et quelques curieux marbrés ornés d'entrelacs.
Dans les environs de Rome, Cattaneo ne signale qu'une petite église que l'on
1. Larchit. Lombarda,t. I, p. 195 et fig. 260. triomphal. Le transept actuel est mie addition