Cattaneo, p. 120 à 129; Rivoira, t. I,p. 185, fig
5. Cattaneo, p. 119 et 120, et fig. 60. — Cf. Rivoira, t. I, p. 187, fig. 244.
lyS l'architecture chrétienne a L'ÉPOaUE CAROLINGIENNE
connus en ont attribué le sanctuaire avec ses trois absides au viii'= siècle; la nef au temps de l'archevêque Angilbert (824-859) et l'atrium qui la précède à l'archevêque Anspert (f 882). Mais il est impossible de concilier ces appréciations avec les résultats fournis par les fouilles exécutées dans le monument en 1869. Qu'une reconstruction totale de Saint- Ambroise ait eu lieu au ix*^ siècle, cela paraît certain. Mais il n'en reste que les trois absides, et Cattaneo a démontré avec sa maestria habituelle que la nef différait fort de celle qu'on voit aujourd'hui ; c'était une basilique à colonnes, comme il y en a tant en Italie, et c'est seulement à l'époque romane qu'on la remplaça par la nef aux lourds piliers qu'on voit aujourd'hui; l'atrium bâti par Anspert fut de même refait vers l'an iioo. De l'œuvre du ix'^ siècle il ne reste donc que l'extrémité orientale de l'édifice et d'assez nombreux motifs de décoration retrouvés dans les fouilles ou réemployés dans les travaux ultérieurs '.
L'épitaphe de l'archevêque Anspert conservée à Saint-Ambroise confirme l'attribution au même prélat de l'église Saint-Satyr dans la même ville. Elle aurait été construite, d'après les historiens milanais, en 879. Cattaneo a fort bien établi que l'édifice actuel est bien celui qu'Ansperta fait élever -. C'est un monument d'un type à part, dans lequel Cattaneo a reconnu une imitation de certains modèles byzantins ; il aurait pu, avec non moins d'à propos, relever l'extraordinaire similitude que cette construction en plan présente (fig. 159) avec l'église de Germigny-des-Prés dont j'ai parlé plus haut (fig. 128).
Les églises Saint-Ambroise et Saint-Satyr nous fournissent des points de comparaison assez solides pour que Cattaneo ait pu reconnaître avec vraisemblance une œuvre carolingienne dans une petite église d'un faubourg de Milan, San Vincenzo in Prato '. Les historiens attribuent sa construction au dernier des rois lombards, Didier, ou plus probablement aux moines bénédictins qui vinrent s'y établir dans la première moitié du ix" siècle. Extérieurement elle paraît avoir conservé assez bien sa physionomie primitive, mais l'intérieur a dû être remanié au début du xi'= siècle. Ce n'est pas l'opinion de Cattaneo, mais c'est celle de Rivoira ♦ qui a remarqué avec raison que certains chapiteaux de cette église, que Cattaneo faisait remonter au IX' siècle, se retrouvent à Sant' Abondio de Côme. Or, ce dernier édifice, de l'avis unanime, n'est sûrement pas antérieur au premier quart du xi' siècle '.
Bien mieux conser\'ée est l'église d'Alliate (fig. léo) dont la tradition attribue la construction à l'archevêque de Milan Angilbert (824-859) ou mieux à son succes-
1. Les conclusions de Cattaneo (p. 189 et s.) t. I, p. 270-272 et fig. 348.
sont généralement admises aujourd'hui, et le 5. Cattaneo, p. 188; Rivoira, t. I, p. 323;
dernier auteur qui ait étudié les monuments de C.Boito, La chiesa di Sant' Abondio e la basilica di
la Lombardie, M. Rivoira, n'a point hésité à en sotto, dans son Arohitetturadel medio evo initalia,
adopter la meilleure partie (t. I, p. 242 et s.). p. 3 et s. Dartein lui-même, qui vieillit souvent à
2. Cattaneo, p. 216-218, et fig. 125-127. l'excès les édifices dont il parle, ne fait remonter
3. Cattaneo, p. 212-215, 6t fig- 123. sa construction qu'à l'an 1013, époque où les
4. Rivoira, Orig . del architettiira lomharda, moines bénédictins vinrent s'y installer.
seur Anspert (864-882). Cattaneo a fort bien montré combien cette tradition était vraisemblable ', et ce n'est pas seulement l'église proprement dite d'Alliate que l'on peut considérer comme un bon spécimen de l'architecture carolingienne dans le nord de l'Italie, c'est aussi le curieux baptistère qui en forme une dépendance et dans lequel on retrouve les mêmes particularités de construction et de style.
Il semble qu'on doive attribuer au x= siècle l'église Saint- Eustorge de Milan -. Des fouilles faites en 1869 ont prouvé que cette église était primitivement portée sur des piliers en forme de T, ce qui semble indiquer l'existence de doubleaux le long des bas-côtés. Ce serait un des plus anciens exemples connus d'une disposition fort commune dans la suite.
A la fin du x" siècle peuvent remonter plusieurs autres édifices du nord de l'Italie. Je n'en citerai que deux ' : la cathédrale d'Ivrée qui fut reconstruite vers 973-1005 par l'évêque Warmundus * et qui, malgré bien des remaniements, paraît avoir conservé son plan primitif; elle fournirait, en ce cas, un des premiers exemples en Italie de collatéral se continuant autour du sanctuaire > ; et l'église de Saint- Félix et Saint-Fortunat près de Vicence, qui, d'après un texte de l'an 985, aurait été restaurée vers cette époque par l'évêque Ridolfus qui y installa des Bénédictins. De nombreux remaniements l'ont complètement défigurée, cependant Cattaneo croit avoir retrouvé dans le mur qui depuis le xiV siècle borde
le sanctuaire, des restes authentiques de trois travées primitives ''. Quoique bien mutilées, elles seraient d'un haut intérêt, si l'hypothèse était fondée, car je doute qu'il existe d'exemples plus anciens d'une disposition qui devint plus tard un des traits caractéristiques de l'architecture religieuse en Lombardie et que l'on trouve fréquemment dans certaines parties de la Gaule, je veux parler de l'emploi alternatii d'un gros pilier et d'une colonne ou d'un pilier plus mince, pour soutenir les murs de la nef.
Fig. léo. — AUi.ite.