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CHŒURS AVEC CHAPELLES RAYONNANTES

coup d'archéologues, sur le sens du mot dmmbulatoriiiiu, il a cru qu'il désignait un collatéral garni de chapelles. Or cette interprétation est erronée, car l'auteur des Actes ne parle pas d'un déambulatoire unique entourant le chœur, mais de deux placés à droite et à gauche de la net"; et ce n'est même point à des bas-côtés ordinaires

Fig. 164. — Orléans. Crypte de Saint-Aignan.

qu'il donne le nom de déambulatoires, c'est à des tribunes placées surstim, c'est-àdire au-dessus des bas-côtés, et contenant des autels comme il y en avait deorsum, c'est-à-dire au rez-de-chaus sée. Quant à l'abside proprement dite, pas un mot n'indique qu'elle se distinguât du type habituel '.

On attribue encore à l'époque carolingienne les sanctuaires à chapelles rayonnantes des églises de la Couture au Mans et de Saint-Philibert à Tournus. Mais le

I . « Deambulatoria siquidem sursum per totum in circuitu ipsius aecclesiae fecit, in quibus et altaria quinque nobiliter construxit atque sacravit. Primum enim, in dextera et in orientali parte altare in praedictis deambulatoriis positum sacra-

vit in lionore S. Martini Aliud vero altare,

in supradicta dextera parte et in eodem deambulatorio, in medio positum, sacratum in lionore

S. Pétri » (Acliis Ponlif. Cenom., dans les

Archives hist. du Maine, t. II, p. 304.) Plus loin le chroniqueur emploie le mot solarium , qui signifie étage, comme synonyme de deamhulato- Huin {Ibid.}. Mais quand il énumère les autels placés au rez-de-chaussée, deorsum {Ibid., p. 305), il ne se sert plus ni du mot solarium, ni de deamhuldtoriuin.

CARACTERES PARTICULIERS DES EGLISES CAROLINGIENNES

premier de ces monuments ne remonte qu'à la fin du x' siècle ' ; quant au second, nous avons vu que sa nef et son sanctuaire avaient été rebâtis au xi'= siècle \ Et les chapelles rayonnantes de la crypte ressemblent trop, comme mode de construction et comme plan, à celles de l'église supérieure pour qu'on puisse leur assigner une date différente '.

On ne connaît donc actuellement en France aucune église avec chapelles rayonnant autour du chevet, antérieure à la reconstruction de Saint- Martin de Tours, au début du x° siècle.

En a-t-il* existé ailleurs de plus anciennes ? Je ne le crois pas. Je dois toutefois rappeler qu'il y a eu, au V et au vi= siècle, des églises dont le fond de l'abside, au lieu d'être entouré d'un mur continu, était percé d'arcades donnant sur des galeries ou des salles attenantes. J'ai cité les basiliques de Saint-Félix à Noie, de San Giorgio Maggiore (fig. 74) et de San Giovanni Maggiore à Naples, de Saint-Laurent-hors-les-murs à Rome, etc., comme ayant présenté cette particularité. J'estime toutefois qu'on s'est trop hâté de voir dans les absides de ce genre le prototype lointain des chœurs romans avec chapelles rayonnantes, car il n'est aucunement prouvé que les baies pratiquées au fond de ces antiques absides aient donné sur une galerie entourant celles-ci, comme les collatéraux du chœur de nos églises romanes. Tout ce que l'on peut dire, c'est que la chose n'est pas impossible, car on a retrouvé en Afrique une ou deux basiliques de l'époque byzantine où l'abside est entourée d'un couloir conduisant à certaines dépendances, comme un baptistère, élevées derrière l'église. Le plus curieux exemple de cette disposition qu'on ait découvert jusqu'ici se voit dans une basilique retrouvée récemment dans les ruines de l'antique Siaggu (fig. 165), mais ce couloir ne communique pas avec l'abside et l'on peut tout au plus admettre qu'il ait pris jour sur elle par de petites baies

Fig. 165. — Basilique de

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