‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 119 sur 377 · CHAPITEAUX ET BASES · texte numérisé non relu

CHAPITEAUX ET BASES

l'on voit encastrés au pourtour de l'abside de Saint-Paul-les-Dax (%. 187, 188), et qui remontent probablement au x" siècle, ne valent guère mieux.

En considérant les élégantes figurines que les orfèvres et les tailleurs d'ivoire du même temps savaient exécuter, on a peine à comprendre que les sculpteurs sur

Fig. 180.

cliaire de l'Arsenal. Ms. 592, fo!. 16 v°.

pierre leur fussent tellement inférieurs. Peut-être les jugeons-nous trop sévèrement sur un nombre d'exemples infiniment trop restreint. Peut-être aussi leurs œuvres plus soignées étaient-elles exécutées en une matière peu faite pour résister aux injures du temps et des hommes.

Divers textes nous prouvent, en effet, que l'on faisait alors grand usage de reliefs en stuc. On en décorait les murailles ', on en faisait des figures isolées - ou des

I. Raban Maur, De universo, XXI, 8 (cité par 2. Libri Carolini, I, 2 (cité par Schlosser,

Schlosser, Schriftquellen, n» 1049). ibid., n° 886).

200 CARACTERES PARTICULIERS DES EGLISES CAROLINGIENNES

panneaux ornés de sujets. Ainsi Angilbert, abbé de Saint-Riquier, avait orné un autel d'un panneau de stuc représentant la Nativité '.

Quelques monuments existant encore nous ont conservé la preuve de cet usage et des spécimens de cet art.

Ainsi, dans les restaurations de Germigny-des-Prés, M. Lisch a retrouvé encore en place de très nombreux restes de décorations en stuc (fig. 172) ^. On n'y voit, il est vrai, aucune figure, et ce ne sont que des palmettes et des rinceaux. Mais on peut étudier à Saint-Remi de Reims une série de chapiteaux du début du xi'= siècle,

Boinet ph

formés d'une corbeille en pierre sur laquelle on a appliqué des groupes de personnages ou des feuillages en stuc; or ils relèvent encore, comme technique, de la tradition carolingienne '.

Dans les pays comme l'Italie, où le marbre était abondant et n'avait jamais cessé d'être emploj^é depuis l'antiquité, une grande partie des ornements faits chez nous en stuc étaient exécutés en marbre •*, et grâce à la résistance beaucoup plus grande qu'offre cette matière, les sculptures du viii'^ au x' siècle sont plus nombreuses que chez nous. Le style toutefois n'en est pas meilleur. Les figures sont affreuses, elles sont rares d'ailleurs et ne consistent guère qu'en animaux et en oiseaux, surtout des paons >. Les artistes lombards traitent la figure humaine plus mal, s'il est pos-

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