Ihid., p. 318. moins connues de Montelîascone, de Rivolta
\'OUTi;S SUU CIU'JISEKS noc.i\'ES
A quelle région de lu France en revient le mérite? Pour répondre à cette question on s'est généralement évertué à rechercher les types d'ogives les plus archaïques, comme si le lieu d'origine de cette invention devait être forcément celui où l'on trouve les ogives les plus grossièrement construites et d'aspect
251, — Lubigiian (Vienne).
le plus rudimentaire. On n'a pas songé que cette apparence d'archaïsme pouvait être due à l'imitation maladroite d'une chose vue ailleurs par des architectes qui en avaient mal saisi le rôle ou le mode de construction.
C'est sûrement le cas des curieuses croisées d'ogives que l'on voit au chœur des églises de Lusignan (fig. 25 1) et de Javarzay en Poitou. L'architecte qui les a éle-
d'Adda et d'Aversa, dont la date s'échelonnerait entre 1032 et 1099 environ (Orig. JelF architt. hiiih., t. I, p. 326, et II, p. 183 et s.). Or il s'est passé pour ces monuments ce dont nos églises françaises du xiii= siècle fournissent aussi maint exemple ; ils ont été remaniés après coup et leurs voûtes datent de ces remaniements. Schultz {Deiiliiii. cl. Kiinsl tu Unlerilalieiu t. II,
p. 191) et Berteaux {Lait dans V Italie niéiiJ., p. 329) l'ont remarqué pour Aversa. Une monographie détaillée en fournirait de nombreuses preuves pour Montefiascone et Rivolta d'Adda. Or Biscaro a récemment donné de bonnes raisons pour n'attribuer qu'à 1096 environ la fondation de cette dernière église (Àichiv. stcr. loin]'., t. XXXII, 2^ p., p. 175 et s.).
vées vers 11 20 ou 11 40 et qui est sans doute le même dans les deux cas, n'avait aucune idée du rôle véritable de l'ogive, car c'est à des voûtes en berceau qu'il les a appliquées, ce qui montre bien qu'il a copié, sans en comprendre la fonction, un détail de construction inusité dans le pays.
Même chose pour la voûte bien connue qui surmonte le porche de l'église de Moissac (fig. 252). On a voulu longtemps la faire remonter au xi" siècle à cause d'une inscription qui mentionne une consécration de l'église en 1063. On est aujourd'hui d'accord pour reconnaître qu'il y a eu reconstruction totale de l'édi-
Brutails ph.
Fig. 252. — Moissac. Croisée d'ogives du porche.
fice au xu*^ siècle ' et que le porche ne saurait être antérieur au premier ou au second quart de ce siècle. L'apparence archaïque de ses ogives, la gaucherie de leur exécution, l'étrange façon dont leur intersection est appareillée ne sont donc pas une preuve d'antiquité; cela montre seulement qu'à l'époque où cette voûte fut bâtie, l'ogive était encore une nouveauté sur les bords de la Garonne, la soHdité en paraissait douteuse, et voilà pourquoi on a donné à cette croisée d'ogives une si grande section et appareillé le point de rencontre de ses branches d'une façon si exceptionnelle.
On s'est également trompé en prétendant retrouver dans le porche voûté d'ogives de Saint-Victor de Marseille un reste de l'église consacrée en 1040 par le pape
I. Des fouilles faites en 1902 par le chanoine vier, ont fait retrouver les substructions de Pottier, et auxquelles il a bien voulu me con- l'église du XF siècle.
VOUTES SUR CROlSIilJS D OGU'ES
Benoît IX, car le st^'le des chapiteaux sur lesejuels retombent les nervures de cette voûte, la iînesse de l'appareil e]ui jure avec les gros joints des portions de mur remontant au xi*-' siècle, suftsent à prouver c]ue cette croisée d'ogives a été trop vieillie de plus de cent ans '.
On voit dans la crypte de Saint-Gilles (Gard) de superbes croisées d'ogives
Fig. 253. — Saint-Gilles. Voûtes de la crypte,
(fig. 25 3) dont les meilleurs auteurs ont placé la construction dans le premier quart du xii" siècle - sur la foi d'une inscription qui nous apprend que cette crypte fut commencée le lundi de Pâques i lié. Maison n'a pas remarqué que la plus grande partie de cette crypte était primitivement voûtée d'arêtes et que c'est après coup qu'on y a introduit des croisées d'ogives '. Rien n'autorise à croire beaucoup plus anciennes les ogives que l'on voit au porche de Saint-Guilhem du Désert, à celui de Saint- Gaudens ou au transept de l'ancienne cathédrale de IVIaguelonne-*. Rien n'autorise à