CHAPELLES RAYONNANTES
forment autour du chœur un harmonieux ensemble ". Vue de l'extérieur surtout cette disposition produit un effet saisissant, et les plus beaux édifices antiques n'offrent à l'œil rien de plus pittoresque et de mieux agencé.
Toulouse. Église Saint-Serniii aviint la
La combinaison consistant à garnir le chevet de trois chapelles rayonnantes est plus fréquente à elle seule que toutes les autres réunies. On la rencontre dans toutes les parties de la France, mais elle est surtout commune dans le voisinage
I. Il en était déjà ainsi, au x^^ 'siècle, dans disposition lut conservée quand l'église fut rebâ- 1 église Samt-Martin de Tours (fig . 1 63) ; et cette tie, au début du xie siècle, par le doyen Hervé.
de la Loire ', en Bourgogne - et dans le Centre, Poitou ', Limousin ■•, Auvergne ' et Bourbonnais '' ; elle l'est moins dans le bassin du Rhône ', dans l'Ile-de-France et provinces attenantes ^, dans le Nord ', dans l'Est '°; elle est très rare en Normandie ", mais il y en a quele]ues exemples en Bretagne et dans le Maine '-.
Les chevets flanqués de quatre chapelles rayonnantes sont considérés habituellement comme une des caractéristiques de l'école auvergnate. Ils sont plus nombreux, en effet, dans cette province qu'ailleurs. Mais, là comme partout, c'est l'exception.
Les églises à cinq absidioles rayonnant autour du chœur sont presque aussi nombreuses que celles à quatre. J'ai indiqué plus haut les principales. On remarquera qu'elles ont appartenu pour la plupart à des abbayes relevant de l'ordre de Cluny. Je rappellerai d'ailleurs que, antérieurement au milieu du xii^ siècle, carolle et chapelles rayonnantes sont l'apanage presque exclusif des églises bénédictines. A partir du règne de Louis VII, la supériorité de cette disposition parut si manifeste qu'on l'adopta pour toutes les grandes églises, sauf celles des Cisterciens. Les cathédrales en particulier, auxquelles on l'avait rarement donnée jusque-là '>, la reçurent à leur tour. Notons enfin que l'habitude, à l'époque romane, est de calculer le nombre des travées du chevet de façon que deux chapelles consécutives soient séparées par une travée dans laquelle est presque toujours percée une fenêtre. Depuis le règne de Louis VII, au contraire, les chapelles rayonnantes sont ordinairement contiguès, il y en a autant que de travées. C'est déjà le cas à Saint- Germer vers 1135, puis au chœur de Saint-Denis dont la première pierre fut posée en 1140, et enfin à la cathédrale de Noyon dont la construction commença peu après. Mais ces deux derniers monuments ne sont plus des églises romanes.
Il est arrivé assez souvent que pour donner plus d'ampleur au chœur on a supprimé son collatéral, tout en gardant les chapelles rayonnantes. C'est dans les provinces où l'emploi des coupoles pour voûter la nef avait donné le goût des larges espaces et appris aux constructeurs à élever des arcs de grand diamètre, c'est en Limousin '•*, en Angoumois'', en Quercy "", qu'on trouve les plus nombreux exemples de ce plan qui, de là, a gagné les provinces voisines.
1. Fontgonibault (Indre), Selles-sur-Cher, 6. Souvigny (Allier). . Saint-Aignau (Loir-et-Cher), Cuiiault, Fonte- 7. Cathédrale de Valence.
vrault, Beaulieu-les-Loches, Mehun-sur-Yèvre , 8. Cathédrale de Chartres (fig. 227).
Dun-le-Roi, Saint-Etienne de Nevers. 9. Lillers en Artois (Arçh. des Mon. hist.,l. I,