I. Anh. lies Mon. hist., t. V, pi
étant accolée aux lianes d'une iiiontai^ne abrupte, on évitait de la sorte des remblais coLiteux et qui n'auraient pti oHrir autant de sécurité que cette solide construction à deux étages.
La plus vaste crypte de France est probablement celle dont Fulbert, évêque de Chartres, dota sa cathédrale (fig. 227) lorsqu'il la reconstruisit après l'incendie de 1020. Non seulement elle s'étend sous le collatéral et les chapelles du chœur, en englobant la vieille crvpte carolingienne, mais elle se prolonge en deux longs bras jusqu'à l'extrémité des bas-côtés de la nef. La raison de ce plan exceptionnel doit sans doute être cherchée dans la nécessité de mettre de l'ordre dans les longues processions de pèlerins qui venaient à certains jours vénérer dans cette crypte la statue miraculeuse de la Vierge ou la fameuse robe sans couture, qui comptaient parmi les plus célèbres reliques de France. ^.^ ^^, - cvnc Je s luu Gilles.
Bien que plusieurs des cryptes dont je viens de parler soient fort grandes, on en a fiiit de plus considérables encore sur les bords du Rhin et en Angleterre. Je citerai parmi les plus vastes celles des cathédrales de Spire (fig. 326), de Winchester (fig. 327), de Worcester, et tout spécialement celle de Cantorbéry, la plus grande de toutes, mais qui est formée de la réunion de plusieurs cryptes de dates différentes, construites à mesure des allongements successifs de cette cathédrale.
Spire. Crypte Je la catliéJnile, d'.iprès Dehio.
Fig. 327. — Crypte de Winchester, d'après J. Bilson.
Les cryptes ont toujours été voûtées. C'était nécessaire, ne fût-ce que pour porter le pavé de l'église supérieure. Le peu de hauteur dont on disposait d'ordinaire a
bien rarement permis d'employer la voûte en berceau; on en a néanmoins des exemples dans la superbe crypte de Saint-Eutrope, à Saintes, et dans celles, beaucoup plus modestes, de Saint-Hilaire-en-Lignières (Cher) ' et de Mortemer (Vienne), mais ce sont des exceptions. A l'époque romane comme à l'époque carolingienne, l'habitude est de diviser tout l'espace compris entre les gros murs ou les massifs piliers qui portent l'église supérieure en petits compartiments
voûtés d'arêtes. Ces voûtes d'arêtes retombent sur des piliers carrés ou sur de courtes colonnes (fig. 328). Quand les compartiments de voûtes sont séparés par des doubleaux, on a souvent employé des piliers cantonnés de quatre demicolonnes, comme à la cathédrale de Nevers (fig. 329). Mais, dès le xi'= siècle, certains constructeurs, comme celui de la crypte de Champdeniers (Deux-Sèvres), furent assez hardis et assez habiles pour faire porter sur une colonne isolée les retombées des quatre arcs encadrant leurs voûtes d'arêtes (fig. 330). On apprit à faire mieux encore, au cours du xii'= siècle, en utilisant la croisée d'ogives, et