Voir l'étude consacrée à cette église par p. 505 et s
TlUBUNES ET TRll-OKlUM
la nef de la cathédrale du Mans (tig. 356); quelquefois même elles sont toutes ouvertes, comme à Saint-Georges de Boscherville (fig. 358); plus tard on profitera de ces arcades pour établir le long de la nef une étroite galerie de circulation. Cette ingénieuse disposition, qui jouira d'une grande faveur à l'époque gothique, se rencontre déjà à la fin du xC siècle dans la charmante église de Semur-en- Brionnais.
Il est rare que les tribunes tassent retour au bas de la nef contre le mur de façade, et quand cela arrive, comme à Orcival ' ou à Saint-Nectaire (fig. 338), on ne s'inquiète guère d'établir cette tribune en retour au même niveau que celles de la nef, ni d'en garnir la partie antérieure d'un triforium de même dessin.
Beaucoup d'églises ont en avant de leur façade un clocher ou un porche dont le
Archives des Mon. bisl., t. 1\', pi. lo.
premier étage est occupé par une vaste salle. Il n'est pas rare quecelle-ei ait vue sur la nef par une ou deux baies plus ou moins grandes; on peut, en ce cas, la considérer comme une espèce de tribune hors œuvre. On en a de beaux exemples à Moissac et à Saint-Benoît-sur-Loire.
Dans quelques églises monastiques d'importance exceptionnelle, comme Tournus (fig. 238) ou Vézelay (fig. 557), au lieu d'un porche ouvert à tous les vents,
Fig. 3S6,
on a élevé, en avant de l'église, une avant-nef comprenant plusieurs travées '. Au rez-de-chaussée, une ou plusieurs portes le mettaient en communication avec la nef; et du premier étage on pouvait voir par des baies assez larges ce qui se passait dans l'église. Cet étage était souvent occupé par un autel, ce qui prouve que les fidèles y avaient accès.
Les tribunes de la nef, au contraire, ne semblent pas avoir été faites habituellement pour les recevoir -. L'étroitesse et l'obscurité des escaliers en vis qui per-
I. Les anciens textes donnent à cette avant- celui de narthex dont se servent quelques-uns de
nef le nom de ^alûée (Voir Du Cange, Gloss., nos archéologues et qui risque d'éveiller des
verho Galilxa). Il vaudrait mieux employer ce idées fausses, terme, comme le font les savants anglais, que 2. .A l'époque carolingienne, les tribunes de la
AVAN'I'-NEl'
mettent d'y accéder suffisent à le prim\cr. Le rôle de ces tribunes n'axait rien de liturgique, il était purement architectural. Hlles servaient à caler les murs de la nef ou à en contrebuter la N'oùte ; accessoirement elles formaient une galerie de circu-
F'g- 557- — Vézehiy. Intcricur de l'avant-: