‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 211 sur 377 · CARRÉES, POLYGONALES. — CLOCHERS-PORCHES. — AMORTISSEMENT DES CLOCHERS · texte numérisé non relu

CARRÉES, POLYGONALES. — CLOCHERS-PORCHES. — AMORTISSEMENT DES CLOCHERS

FLÈCHES CARRÉES, OCTOGONES, CONiaUES.

J'ai à peine jusqu'ici fait mention des clochers. Il est hors de doute cependant que, bien longtemps avant l'époque romane, les églises d'Occident étaient flanquées de tours. Mais ces tours contenaient-elles des cloches ? C'est une question sur laquelle les archéologues ne sont pas tous d'accord. On ne sait même pas très bien à quelle époque remonte l'invention des cloches et quand l'usage s'en est introduit dans l'église chrétienne.

Les anciens ne paraissent pas avoir fabriqué des cloches de grande dimension comme celles de nos églises. Mais ils connaissaient les clochettes ' et avaient même, pour annoncer la fermeture des bains publics -, de petites cloches semblables à celles que l'on emploie dans nos écoles.

Il est bien probable qu'à l'origine celles dont on se servait dans l'église chrétienne pour convoquer les fidèles aux offices n'étaient pas de plus grande taille. Làdessus, on est à peu près d'accord, mais on l'est moins sur la date à laquelle les chrétiens ont commencé à en faire usage '. Les uns veulent que ce soit dès le temps de Constantin, les autres que ce ne soit pas avant le pontificat du pape Sabinien, c'est-à-dire le début du vu' siècle. Les deux opinions sont également peu fondées. Il faut en dire autant de celle qui attribue l'invention des cloches à saint Paulin de Noie, mort en 43 1 +, car dans les écrits assez étendus qu'il nous a laissés, il n'a pas une seule fois parlé de cloches. Bien plus, il a pris soin de décrire longuement la somptueuse basilique qu'il avait élevée dans sa ville épiscopale en l'honneur de saint Félix ; or il n'eût pas manqué d'y mettre des cloches s'il avait été l'auteur

1 . Juvénal, dans une de ses satyres, compare le bavardage des femmes au bruit que produisent les clochettes et les bassins de métal (Satvr., VI, V. 440).

2. « Comment, dit Martial dans une de ses épigrammes, la cloche des thermes sonne et tu

continues à jouer » (Epigr., lib. I, no 163).

3. Voir l'abbé Barraud, Notice sur les cloches (1844), p. 4 ; Alb. Lenoir, Archit. moiiast., t. I, p. 152 et s.; Otte, Kiinstarchdeologie, 4e éd., p. 243. Otte, Glockenkuiide. p. 7 et s.

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