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TOURS ET CLOCHERS
tons. Un simple glacis triangulaire indique l'endroit où se fait le passage d'un plan à l'autre. Cet agencement n'a pas d'inconvénients avec les clochers peu élevés ou dont la flèche est en charpente. Il en a davantage avec ceux qui ont plusieurs étages et une haute flèche en pierre. Néanmoins on le rencontre même dans des églises où l'emploi de la voûte d'arêtes à la place des coupoles a con-
traint les constructeurs à disposer des trompes spéciales au-dessus de la voûte d'arêtes, comme à Feucherolles, Orgeval, Cambronne, etc.
Il est de règle que les flèches des clochers, si elles sont à quatre pans, soient disposées de telle sorte que leurs faces soient parallèles aux quatre côtés de la tour qu'elles surmontent. De même, si elles sont à huit pans, on les dispose de façon que quatre de leurs faces soient parallèles au carré formé par la tour et que les quatre
l-I.KCHKS C.dNtQUF.S OU OVOÏDKS
autres soient perpendiculaires aux diagonales de ce carré. Mais on peut aussi construire une flèche de fiiçon que ses quatre arêtes, ou, si elle en a huit, que la moitié d'entre elles aboutissent au milieu des quatre côtés de la tour. En ce cas aucune des faces n'est parallèle au carré formé par la tour. Cette disposition assez rare se rencontre dans un des plus beaux clochers limousins qui existent, celui de Saint-Léonard (fig.
425), magnifique construction qui n'est sans doute pas antérieure à la fin du xu"' siècle, mais qui mérite d'être mentionnée comme un exemple de la persistance de certains types romans.
Les architectes de la région rhénane ont fait une autre application de la même idée, ils ont imaginé de surmonter d'un pignon chacune des faces de leurs tours, et c'est au sommet de chacun de ces pignons qu'aboutissent les arêtes de la flèche (fig. .426). Cela alourdit fâcheusement les tours coiffées de la sorte, surtout quand ce système bizarre est appliqué à une flèche à quatre pans. Malgré cela, le succès de cette combinaison a été grand dans toute l'Allemagne.
Mentionnons pour finir une dernière forme de couronnement qui se rencontre souvent en Poitou, en Angoumois et en Saintonge, et qui consiste à remplacer la flèche à quatre ou à huit pans par une flèche en pierre de forme conique ou ovoïde.
Les flèches de ce type sont peut-être plus fréquentes sur les clochers centraux • que partout ailleurs, cependant on en trouve sur beaucoup d'autres clochers, voire même sur les petits clochetons qui flanquent les deux angles de beaucoup de façades poitevines, comme celle de Notre-Dame-la-Grande à Poitiers (fig. 479), ou celle de Saint-Jouin de Marnes (Deux-Sèvres)".
. — PérigLieux. Clocher de S,iiiu-J-'vont. Comm. de M. P. Bceswilhvakl.