Comme à Iguerande (Vire}-, pi
J'COLE BOURGUIGNONNE
jours unis et sans décoration, en Bourgogne ils sont, depuis le début du xii"' siècle, presque toujours cannelés. Et. ce n'est pas seulement aux arcades de la nef qu'on en trouve, on en rencontre aussi dans la décoration des portails, aux baies de certains clochers, dans nombre d'arcatures, etc. C'est en un mot un des éléments décoratifs les plus employés par l'école bourguignonne et un de ceux qu'elle a portés dans la plupart des pays où elle a eu occasion de faire sentir son influence.
Les églises bourguignonnes sont généralement éclairées par des jours percés dans les murs latéraux de la nef. Il n'y a guère d'exceptions à cette règle que dans des édifices antérieurs à l'époque où l'école eut trouvé sa formule définitive, ou dans des églises placées sur les confins de la province et où certaines influences étrangères ont fait contrebuter la maîtresse voûte par celles des collatéraux.
La disposition ordinaire, celle qui a prévalu dans les grands monuments, consiste à élever la maîtresse voûte à une hauteur assez grande pour qu'il y ait, entre sa naissance et le sommet des combles des collatéraux, la place d'ouvrir une rangée de fenêtres en plein cintre. Entre l'appui de ces fenêtres et le sommet des grandes arcades s'étend une assez grande surface de mur contre laquelle vient s'appuyer le
ECOLES D ARCHITECTURE A I. EPOQUE ROMANE
comble des bas-côtés; pour en masquer la nudité, on la décore habituellement à l'aide d'une arcature aveugle qui forme une sorte de faux triforium.
C'est encore là un détail typique. Il ne se rencontre guère que dans les grandes églises ', et toutes ne l'ont pas. Ainsi il manque à Vézelay. Mais on le retrouve à Autun (fig. 444), Cluny (fig. 446), Beaune (fig. 548), Paray-le-Monial, Langres (fig. 447); et dans tous ces exemples il affecte une même forme dont le prototype doit être cherché dans un des monuments antiques d'Autun .
Si l'on examine, en effet, le faux triforium de l'église Saint-Larare, on s'aperçoit qu'il reproduit avec une remarquable exactitude
Fig. 448. — Paray-le-Monial, d'après E. Millet.
44CJ. — Eglise de Tournus d'après Questel,
l'élégante galerie qui couronne la fameuse porte d'Arroux dans la même ville. Mêmes proportions, mêmes détails, mêmes pilastres cannelés, mêmes petits chapiteaux corinthiens. C'est donc la porte d'Arroux qui a inspiré le triforium d'Autun, comme celui de Cluny et tous leurs dérivés, curieux exemple, à rapprocher de beaucoup d'autres, de l'influence exercée sur les artistes romans par les monuments antiques qu'ils avaient sous les yeux.
I. Cependant les églises de Gourdon (fig. 246) ne sont pas de très grandes dimensions, ont un et de Toulon-sur- Arroux (Saône-et-Loire), qui triforium aveugle.
KCOI.E BOURGUIGNONNE
Les églises bourguignonnes n'ont dans leuf" plan rien de caractéristique, les bascôtés y sont beaucoup plus communs qu'en Provence, et les cathédrales et autres églises importantes n'en sont jamais dépourvues. Tantôt la nef est courte, comme à Paraj^-le-Monial (fig. 448) et à Châteauneuf ' qui ne comptent que trois travées, ou à Semur-en-Brionnais ^ qui en a quatre. Tantôt, au contraire, elle est très allongée, comme à Vézelay, à l'abbatiale de Cluny (tîg. 229) ou à la cathédrale d'Autun (fig. 300). Parfois elle est précédée d'une sorte d'avant-nef à deux étages, qui communique avec la nef proprement dite, au rez-de-chaussée par une porte à trumeau semblable à celle qui donne sur l'extérieur, à l'étage supérieur par deux ou trois baies analogues à des baies de triforium. Mais cette disposi-
Fig. 450. — Ameiigny (S.-et-L.), d'après J. Virey.
.451. — Uchizy (S.-et-L.), d'après J. Virev.
tion ne se rencontre que dans un petit nombre de .grandes abbayes bénédictines, et c'est dans les coutumes de l'ordre de Cluny qu'il faut en chercher l'explication. Cette avant-nef servait à recevoir aux jours de grandes fêtes les personnes étrangères à l'abbaye et permettait aux moines d'occuper en entier l'église proprement dite et d'y développer à leur aise leurs longues processions ' .
Les églises de Tournus (fig. 449), de Romainmôtier (fig. 3 1), de Cluny (fig. 229), de Vézelay, de Paray-le-Monial (fig. 448) nous offrent les exemples les plus notables de cette disposition.
La plupart des églises bourguignonnes ont un transept, le plus souvent il ne fait que peu ou point saillie sur l'alignement des bas-côtés +. Parfois, au contraire, il forme une saillie accentuée ', et ses bras sont assez allongés pour qu'on ait pu