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ECOLE POITEVINE

Tous les archéologues sont d'accord pour reconnaître l'existence d'une école poitevine. Ils le sont moins quand il s'agit de déterminer l'étendue de son domaine. Ainsi les uns y rattachent les églises de la Saintonge et de l'Angoumois >, les autres en font une catégorie à part ^. Certains comprennent dans l'école poitevine le Limousin et le Berry, d'autres rangent les monuments de ces deux provinces dans des écoles particulières >. En revanche, peu d'auteurs paraissent avoir remarqué les nombreuses ressemblances qui existent entre les monuments religieux du Poitou et ceux qui furent élevés dans le Bordelais, l'Agenais "^ et une partie de la Gascogne.

Je crois, pour ma part, qu'on peut rattacher à l'école poitevine tous les pays qui s'étendent, d'une part, depuis les environs de Pau jusqu'aux confins méridionaux des diocèses de Nantes, Angers ' et Tours; de l'autre, depuis l'Océan jusqu'à une ligne assez indécise qui suivrait en les dépassant çà et là les limites occidentales des anciens diocèses de Bourges, Limoges, Cahors et Toulouse. Ce vaste territoire correspond à peu près à la IP Aquitaine des Romains et embrasse la plus grande partie du duché d'Aquitaine de l'époque capétienne. Il convient néanmoins d'appeler poitevine l'école qui s'y est formée, car ses caractères sont plus tranchés dans le Poitou proprement dit que dans le reste de l'Aquitaine, dont certaines parties, comme le Périgord et l'Angoumois, ont obéi à d'autres influences et ont tiré de l'emploi systématique des coupoles un type d'églises qui constitue une famille bien distincte.

L'école du Poitou s'est constituée de bonne heure et, dès le xi'= siècle, elle a su élever des édifices entièrement voûtés, comme l'église de Saint-Savin-sur-Gar-

1 . Buhot de Kersers, Statist. iiionuiii. du Cher, t. V, p. i68 et pi. 2.

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