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I. Schnaase, Gesch., t. IV, p

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romane (fig. 532). Le transept n'est, en effet, que du début du xiii'^ siècle, et la nef n'était point encore terminée en 1221 '.

Les églises de Cologne n'ont guère plus que les précédentes échappé aux remaniements. Une seule, Saint-Maurice, bâtie un peu avant 1144, nous était parvenue presque intacte, et les voûtes d'arêtes qui en couvraient la nef ne semblaient point avoir été ajoutées après coup; elle a malheureusement été remplacée en 1858 par une église neuve -.

Sainte-Marie-du-Capitole est peut-être aujourd'hui celui des anciens édifices religieux de Cologne dont la forme primitive est le plus facile à restituer. Elle fut construite au xi' siècle et consacrée parle pape Léon IX en 1049. Son magnifique chœur est dû à une restauration de la fin du xii'' siècle, et c'est vers la même époque qu'on remplaça par des voûtes les charpentes apparentes qui couvraient la nef '•.

L'église des Saints-Apôtres, reconstruite elle aussi au xi'= siècle, n'a gardé de cette époque que quelques pans de murs dans la nef. Son abside et son transept aux bouts arrondis (fig. 529) ne sont que du xii^ siècle, et c'est seulement dans la première moitié du siècle suivant qu'on voûta la nef, dont il avait fallu reconstruire une grande partie détruite par un incendie en 1199 +.

De date non moins tardive est la belle église du Grand-Saint-Martin, dont le chœur, le transept et la travée attenante (fig. 286) devaient seuls être terminés quand elle fut consacrée en 1172, car on travaillait encore à la nef au début du xiii"^ siècle s.

L'église de Laach, à l'ouest de Coblentz, est un peu plus ancienne. C'est un bel édifice, dont l'extérieur peut compter parmi les plus élégants spécimens de l'art roman des bords du Rhin (fig. 537). Fondée en 1093, l-^ moitié à peine en était terminée quand on en fit la dédicace en 11 56. La nef est d'un faire trop soigné pour pouvoir être antérieure à cette date, et on y remarque une disposition anormale des fenêtres qui prouve clairement qu'on ne songeait pas primitivement à la voûter et qu'on dut ultérieurement en modifier l'ordonnance pour rendre possible la construction des voûtes ^.

Deux observations se dégagent de l'examen de ces diverses églises : la première, c'est qu'elles n'ont généralement reçu de voûtes sur la nef qu'à une époque avancée du \n^ siècle ; la seconde, c'est qu'elles ont encore toute l'apparence des constructions romanes à une date où, dans une grande partie de la France, des formes nouvelles s'étaient depuis assez longtemps déjà substituées aux formes romanes.

1. E. aus'm Weerth, Die Miinsterkirchc ^ii 3. F. von Quast, dans \t Jahrhucluies Fen'ins Bonn, dans la. Festschn'ft des Bonner Coiigresses, chr AUerthuinsfreiiiide vonRheinland,t. X,p. 186, 1S6S. ~ Cf. Schnaase, Gesch., 1. IV, p. 246 et et t. XIII, p. 176; .Schnaase, t. IV, p. 387. 264. .|. Schnaase, Gescb. t. V, p. 248.

2. Schnaase, Gesch., t. IV, p. 385; Dehio, 5. //)/</., t. V, p. 249. pi. 175, fig. I. 6. IbiiL, t. IV, p. 383.

ECOLE KHHNANE

Fig. 553. — Murbach. Vue extérieure du chevet

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Les mêmes observations peuvent s'appliquer aux églises romanes d'Alsace. Elles devaient toutes jusque vers 1150 être couvertes de charpentes apparentes, comme celles de Lutzelbourg ', de Surbourg (Bas-Rhin), ou l'étage supérieur de la chapelle Saint-Sébastien à Neuwiller; et il est certain que toutes celles qui ont aujourd'hui des voûtes, comme Rosheim (Bas-Rhin), Saint-Georges de Haguenau ou Sainte- Foy de Schlestadt, n'en avaient pas à l'origine et qu'il faut descendre jusqu'à

Fig. 534. — Neuwiller. Chapelle Saint-Sébastien.

la fin du XII'' siècle pour trouver des églises entièrement voûtées, comme l'imposante église de Murbach (Haut-Rhin), dont il ne reste malheureusement que le chevet et un transept couronné par deux magnifiques tours (fig. 533).

Abstraction faite d'un certain nombre d'édifices ronds ou polygonaux dérivés du fameux octogone d'Aix-la-Chapelle, les églises rhénanes de la fin du x" et du xi^ siècle étaient des basiliques portées sur des colonnes, comme la chapelle Saint- Sébastien à Neuwiller (fig. 534) ou l'église de Mutzig (Bas-Rhin), ou sur des piliers carrés, comme Saint-Servais de Maestricht et Dorlisheim (Bas-Rhin), ou encore sur

I. Près de Phalsbourg dans notre ancien département de la Mcurthe.

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des piliers alternant avec des colonnes. Dans certaines parties de l'Allemagne, on semble, au xi" siècle, avoir hésité entre deux dispositions : celle qui comporte deux colonnes entre chaque pilier ' et celle où les colonnes sont en nombre égal aux piliers ^. J'ignore si on a éprouvé les mêmes hésitations sur la rive gauche du Rhin ; en tout cas on n'en trouve plus trace au xii" siècle, et la règle est de fiiire alterner les piliers avec des colonnes, comme à Rosheim (fig. 535) ou à

Fig-.535-

Rosheim (Bas-Rhin).

, d'après Perrin.

Fig. 536. — Saint-Jeaa-des-Choux (Bas-Rliin). Plan, d'après Maertlé.

Surbourg (Bas-Rhin), ou avec un pilier plus faible, comme à Saint-Jean-des- Choux (fig. 536), ou à la cathédrale de Spire (fig. 530).

Cette alternance d'une pile forte et d'une pile faible, que nous avons déjà rencontrée en Normandie, est un des caractères essentiels de l'école rhénane, un de ceux qui dénotent le mieux son influence dans des édifices assez éloignés du Rhin comme la cathédrale et Notre-Dame de Saint-Dié (fig. 243) ' dans les Vosges; l'église de Beaume-les-Messieurs dans le Jura ; celle de Rûremonde dans les Pays- Bas, etc. Il se retrouve dans une foule d'églises du xii^ siècle et a persisté jusqu'en plein xiir +.

1. Comme à Saint-Michel d'Hildesheim, à la cathédrale d'Hildesheim, à Quedlimbourg, à la cathédrale de Goslar (Dehio, pi. 43 et 47).

2. Comme à Gernrode, Driibeck,Huyseburg, Susteren (Dehio, pi. 47).

3. Les voûtes d'arêtes qui couvrent aujourd'hui l'église Notre-Daine sont modernes.

4. Citons les cathédrales de Spire, de Mayence et de Worms ; les églises de Saint-Cunibert et des Saints-Apôtres à Cologne ; l'église de Saint-Quirin à Neuss; celles de Neuwiller, de Guebwiller, de Schlestadt, etc. Or une partie de ces églises, bien que romanes de style, n'appartiennent qu'à la fin du XIF siècle, ou au xilli-'.

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On admet généralement que les traditions de l'art carolingien se sont conservées plus longtemps dans les villes du Rhin que dans aucune autre partie de l'empire de Charlemagne. Néanmoins la majorité des églises de cette région n'ont point, entre le transept et l'abside, un chœur développé, comme il était de mode d'en faire depuis le ix"^ siècle. En revanche, certaines d'entre elles présentent une parti-

cularité qu'on remarque sur le plan de Saint-Gall et dans diverses églises carolingiennes telles que l'abbatiale de Fulda ' et la cathédrale d'Hildesheim - : c'est une seconde abside construite à l'extrémité orientale de l'église '. L'intéressante église de Laach (fig. 537), qui présente cette particularité, a même un atrium entouré de portiques, en avant de son abside occidentale.

Est-ce la répétition de l'abside qui a donné l'idée de construire un second tran-

1. Consacrée en 819 et brûlée en 957. (Voir les textes qui la concernent dans Schlosser, Schriftquellen, W 360 et s.)

2. La cathédrale d'Hildesheim fut dédiée en 872, incendiée en 1046 et consacrée après une

restauration complète en 106 1. Elle a été fâcheusement modernisée au xvine siècle.

3 . Voir par exemple les cathédrales de Wornis, Trêves, Mayence, Bonn, Verdun ; l'église abbatiale de Laach, etc.

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sept à rextrémité occidentale de la net ? Il serait naturel de le supposer, mais il est à remarquer qu'en général les églises dont l'abside occidentale est accompagnée d'un transept n'en ont pas devant l'abside orientale ', et que par contre celles qui ont double transept, comme les Saints-Apôtres de Cologne (fig. 538), n'ont pas double abside -. Une disposition plus fréquente consiste à terminer les bras du transept par une courbe semblable à celle de l'abside. Les architectes de Cologne ont tiré le plus heureux parti de ce plan dans les magnifiques églises des Saints-Apôtres (fig. 529), du Grand-Saint-Martin (fig. 286) et de Sainte-Marie-du-Capitole (fig. 287). Il a été appliqué non moins habilement à Saint-Quirin de Neuss ; on le retrouve à Bonn, à Rûremonde et jusqu'à Tournai.

L'extrémité orientale des églises rhénanes est en règle générale terminée par une abside. Les chevets plats, comme le magnifique chevet de Murbach en Alsace (fig. 533), sont des exceptions. Il est également très rare que [l'abside des églises rhénanes soit entourée d'un collatéral. Il y en a un exemple à la belle église de Limbourg, située sur la Lahn, entre Nassau et Coblentz. Sainte-Marie-du-Capitole à Cologne (fig. 287) en montre un plus remarquable encore, car ici le collatéral qui entoure l'abside se continue autour des bras du transept et jusqu'aux extrémités de la nef. Il n'y a pas d'autre exemple de cette disposition.

Quand les bras du transept sont arrondis, la saillie qu'ils forment n'est pas assez grande pour qu'ils puissent recevoir des absidioles sur leur face orientale ; il en est autrement quand ils ont leurs extrémités terminées par des murs plats. Il y a

Cologne. Eglise des Saints-Apôtres, d'après Boisserée.

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