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528 ÉCOLES d'architecture A l'ÉPCOUE ROMANE
édifices, comme la cathédrale de Bonn et les églises de Neuss ou d'Andernach, bâtis ou terminés seulement au début du xm'' siècle, présentent ce mélange de la voûte d'ogives avec des formes purement romanes. Le plein cintre se marie même avec les longues et élégantes colonnettes de l'époque gothique, notamment dans les charmantes absides de plusieurs églises de Cologne.
La décoration sculptée ne tient pas une place importante dans l'école rhénane. Les églises comme celle de Remagen, entre Bonn et Coblentz, où l'on voit quelques sculptures, sont une exception. L'Alsace est peut-être un peu plus riche à ce point de vue ; elle possède quelques églises, comme celle d'Avolsheim ' (Bas-Rhin), qui nous montrent des fenêtres entourées de beaux encadrements couverts de palmettes et de rinceaux. Celle de Marmoutier, à côté de Saverne, devait en posséder de fort belles; malheureusement elle a été rebâtie à l'époque gothique, et il n'en reste que deux -, percées dans le mur de façade du magnifique porche roman qui précédait l'église (fîg. 542). L'église d'Altdorf a une porte surmontée d'une archivolte du même style ; mais si ces ornements ne manquent pas d'élégance, la figure est presque toujours fort médiocre. On en peut juger par les scènes de la Nativité du Christ, découvertes à Eschau', et surtout par le portail d'Andlau, qui pour être le plus beau portail roman d'Alsace (fig. 543) n'en est pas moins fort inférieur à ceux que nous offrent la Bourgogne, le Poitou, la Saintonge et le Midi de la France. C'est une œuvre fort lourde et dans laquelle la décoration végétale est d'aspect presque aussi archaïque que les figures. Plus riche et plus élégante est la belle porte de Pompierre (Vosges), mais elle appartient à une église située sur les confins de la Champagne et on ne peut vraiment pas la porter au compte de l'école rhénane (fig. 380).
Quant aux chapiteaux, ils sont généralement d'une pauvreté et d'une monotonie extrêmes. Ils appartiennent presque tous au type cubique; les formes dérivées de ce type, si nombreuses et si variées en Normandie et en Angleterre, sont à peu près inconnues de l'école rhénane. Quelquefois néanmoins on a rehaussé la sécheresse de ces chapiteaux par des ornements sculptés de très faible relief; l'église de Rosheim offre des spécimens variés de ce genre de décoration (fig. 612, 613) qui ne semble pas avoir été très répandu. Il y a même à la cathédrale de Saint-Dié des chapiteaux ornés de figures (fig. 636), mais ils sont dus probablement à quelque artiste qui avait quelques notions de ce qu'on faisait dans d'autres provinces et qui en a subi l'influence.
L'extérieur des églises rhénanes est souvent plus remarquable que l'intérieur. Il le doit à leur masse imposante, à la pittoresque silhouette de leurs pignons et de leurs tours, à la hauteur et la belle proportion de l'abside avec ses deux rangs de fenêtres, enfin aux arcatures extérieures formant galeries de circulation qui cou-
1. Kra.us, Kiinst und Alterthum im Unter-Ehass, Monuments anciens et modernes, t. II.
p. 20, fig. 16. 3. Kraus, Kunst iind Alterthuiv im Unter-