‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 284 sur 377 · Cathédrale du Ma · texte numérisé non relu

Cathédrale du Ma

int Etienne, d'après Huche

sont faites ordinairement d'un ton légèrement rosé sur lequel on étendait, pour figurer les demi-teintes, un ton de bistre très clair. Le modelé est rudimentaire ; il est produit par des hachures faites avec une couleur brune qui paraît noire en transparence. Elles sont tracées à grands coups de pinceau, avec une hardiesse et une sûreté de main étonnantes (fig. 563). A voir le dessin de près, l'effet de ces traits fortement accentués a quelque chose de rude, presque de sauvage. Mais un vitrail d'église n'est pas fait pour être regardé de près ; or, à distance, ces procédés, par leur simplicité même, produisent un effet d'une intensité extraordinaire. Les représentations figurées qui ornent les vitraux peuvent être ou de grandes figures isolées ou des scènes empruntées aux Livres saints ou aux pieuses légendes racontées par les hagiographes. Ces scènes sont divisées en tableaux formant des

LA DÉCORATION DES ÉGLISES ROMANES

oiédaillons carrés que l'on juxtapose sans laisser entre eux aucun intervalle, ou en médaillons ronds qui se détachent sur un tond diversement orné. Une large bordure d'ornement encadre toute la composition (iig. 566 et 567).

Avons-nous encore des vitraux du xi'= siècle ? J'en doute fort ', car il est peu probable que l'intéressante figure de saint Timothée en buste, qui s'est conservée dans une des fenêtres de la cliapclle Saint-Sébastien à Neuwiller (fig. 564), soit

Neuwiller (Bas-Rhin). Vitrail de saint Timothée.

aussi ancienne que les murs dans lesquels elle est enchâssée. VioUet-le-Duc l'attribuait au commencement du xii"" siècle ^ ; elle peut être moins ancienne encore, car l'Alsace à l'époque romane obéissait, comme les autres provinces situées sur les bords du Rhin, à un courant artistique dont les tendances étaient beaucoup plus archaïques que celles qui animaient les écoles des bords de la Seine ou de la Loire. Je ne puis davantage attribuer au xi^ siècle le vitrail conservé à la cathédrale du Mans, et qui représente une Ascension dont la partie supérieure a malheureusement disparu (fig. 565). On a longtemps considéré ce vitrail comme le plus ancien d'Europe ', mais on a dû changer d'opinion depuis que l'on a remarqué la parenté qui le rattache à une des plus belles verrières de la cathédrale de Poitiers +. Celle-

T. F. de Lasteyrie, qui a reproduit dans les magnifiques planclies de son Histoire de la peinture sur verre en France les plus beaux spécimens de vitraux encore existants, n'en connaissait aucun d'antérieur aux vitraux de Neuwiller et du Mans dont je vais parler ; encore n'attribuait-il ceux-ci au xi^ siècle qu'avec hésitation.

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