‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 285 sur 377 · Dict. d'archit., t. IX, p · texte numérisé non relu

Dict. d'archit., t. IX, p

3 . On a cru qu'il faisait partie des vitres données à la cathédrale par l'évêque Hoël, mort en 1096 {Actus pontif. Cenom., éd. de la Société des Archives hist. du Maine, p. 383).

4. Elle a été reproduite en héliogravure dans le Biût. monvm., t. LI, p. 32.

l'EIMTUftE SUK VERRE

ci comprend trois sccnes principales : en b.is le martyre de saint Pierre, au milieu le Christ en croix, en liaut l'Ascension. Or dans cette dernière les apôtres, qui lèvent la tête pour contempler le Christ planant dans les cieux, ressemblent tellement, par la pose, la ph3'sionomie, le style du dessin, à ceux du vitrail du Mans L]u'il n'est pas possible d'admettre une grande différence de date entre ces deux peintures. Or les parties les plus anciennes de la cathédrale de Poitiers ne remontent qu'aux quarante dernières années du xir' siècle et le style des inscriptions, dont quelques fragments, malheureusement incompréhensibles ', se lisent

Cithédnile du Mans. Vitrail de l'Ascension.

encore sur le vitrail, ne saurait convenir à une époque antérieure. Le vitrail de Poitiers, malgré son apparence purement romane, est donc au plus tôt de la fin du xii'= siècle, et celui du Mans ne saurait être son aîné de beaucoup d'années.

Cet exemple montre avec quelle prudence il faut se prononcer sur l'âge de ces vieux vitraux. En réalité, nous n'en avons aucun dont la date soit certaine avant ceux que Suger fit exécuter pour l'église de Saint-Denys, vers 1 144. Grâce au zèle d'Alexandre Lenoir, qui en avait recueilli d'importants morceaux pour le Musée des Monuments français, nous possédons encore les restes d'un arbre de Jessé, des fragments de l'Histoire de Moïse -, une suite de médaillons allégoriques dont l'interprétation serait assez difficile s'ils n'étaient accompagnés de légendes compo-

I. Mgr Barbier de Montault en a proposé une (BiiUetin inoniimental, t. LI, p. 145 et s.), restitution trop hardie pour qu'on puisse accepter 2. F. de Lastevrie, Hisl. Je la peinture sur

sans réserves les conclusions qu'il en a tirées verre, pi. 5.

Lasteyrie. — Archilfclnre romane. 56

LA DECORATION DES EGLISES ROMANES

sées par Suger lui-même ', qui s'est fait représenter sur un de ces vitraux étendu aux pieds de la Vierge (fig. 56e); enfin des griffons d'un assez bon dessin, enfermés dans des losanges ^.

F. de L.isteyri

-Fig. 566. — Saint-Denys. Vitrail du temps de Sugei".

Ces vitres de Saint-Denys ont une grande importance, car elles nous permettent de déterminer avec une approximation suffisante l'âge de divers vitraux d'apparence archaïque, conser\'és au Mans, à Angers, à Vendôme, à Châlons-sur-Marne et à Chartres.

I. La figure de Suger a été reproduite à part Histoire de la peinture sur verre, pi. 4. et à assez grande échelle par F. de Lastevrie, 2. Ilnâ., pi. 6 et 7.

Page 1