‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 304 sur 377 · CI.ASSinCATION DES CHAPri-]- ATX · texte numérisé non relu

CI.ASSinCATION DES CHAPri-]- ATX

Mais le chapiteau corinthien était trop compliqué pour ne pas subir d'étranges déformations à l'époque barbare, et, si la renaissance carolingienne paraît lui avoir rendu pour un temps des formes meilleures, il retomba bientôt, sous le ciseau malhabile des praticiens qui décoraient les églises du x'= siècle, à un degré de dégénérescence inouïe.

Il est bien difficile d'entermer dans une classification quelconque les innombrables variétés de chapiteaux où l'on peut avec quelque attention reconnaître une lointaine influence du tj'pe corinthien, car les éléments étrangers qui v abondent, souvent même leur forme générale (fig. éoi), s'éloignent à tel point des prototypes antiques que le lien qui les y rattache est à peine sensible. A plus forte raison est-il impossible d'enregistrer tous les autres modèles qu'on peut rencontrer à l'époque romane, car beaucoup d'entre eux n'ont même pas l'air de famille que donne une conception à peu près semblable de l'art ornemental, ou à tout le moins un même sentiment des proportions.

Tantôt, la corbeille du chapiteau est très allongée et ce défaut paraît d'au; tant plus marqué qu'il est de règle de ne pas se contenter de la couronner d'un abaque peu épais, mais qu'on v ajoute presque toujours un tailloir tormé d'une tablette carrée dont l'arête inférieure est remplacée par un large Fig. 601. — Évreux. .Musée. chaufrein '. Tantôt la corbeille est dé-

I. Chapiteau de Saint-Germain d'Auxerre (Viollet-le-Duc, Diclion., t. II, p. 485, fig. 5).

LES CHAPITEAUX

primée à l'excès; elle peut même paraître tout à fait écrasée si on en vient à supprimer le tailloir, comme on l'a fait à Saint-Martin du Canigou '. Parfois le chapiteau est comme divisé en deux parties, celle d'en bas dessinant une corbeille très évasée, celle du haut formant un lourd massif rectangulaire qui pourrait bien être un lointain souvenir de ces coussinets de pierre si communs dans les églises du vi"" ou du vu'' siècle (hg. 84 et 85). Le bas est habituellement orné de feuillages d'une exécution rudimentaire, tandis que le haut est plutôt décoré de moulures, d'entrelacs, d'ornements géométriques. C'était un type déjà répandu au

Fig. 60

(Haute Marne).

Fig. 603

IX' siècle, car il se rencontre à Germigny-des-Prés, mais il était encore à la mode au XI' et la plupart des chapiteaux du triforium de l'église de Vignory (fig. 602 et 603) appartiennent à cette catégorie; il est vrai que leur aspect est si archaïque qu'on peut se demander s'ils datent tous, comme cette partie de l'église, du milieu du xi' siècle, ou s'il n'5' a pas parmi eux des chapiteaux carolingiens réemployés. Dans quelques chapiteaux de ce modèle, la partie carrée qui surmonte la corbeille est ornée de figures grossières ; ainsi on en voit un à Rivières (Indre-et- Loire), sur lequel est sculptée une Crucifixion ; il y en a un semblable à Saint- Sever (Landes). Souvent ces chapiteaux très archaïques sont formés d'un gros dé de pierre surmonté d'un tailloir. Ce dé peut avoir ses quatre faces couvertes de feuillages, comme les chapiteaux du triforium de la rotonde de Mettlach - ; ou de lignes ondulées qui ne rappellent guère les feuilles dont elles dérivent, comme un

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