I-ig. 604. — Clermont
N'otre-Dame-du-Port.
11 Mil Tig 60, — Oukh\ le Chiteiu (\isne)
Oiilchy-le-Ch.\te.iu (Aisne).
inspirés des bijoux francs à incrustations de grenats ou de verres rouges si, comme j'en ai fait la remarque plus haut, plusieurs siècles ne séparaient l'époque où ces bijoux étaient à la mode de celle où ce genre d'ornement paraît s'être répandu.
I. A. de Rochemonteix , Églises roiii. de la 2. Raguenet, Petits éiiijîces hist.,p\. 7.
Hiiiile-Amvrgne, p. Lxxvill, fig. 48. 5. Bull, mon., t. LXX, p. 16.
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LES CHAPITEAUX
Ph.M, H.
Fig. 607. — Morienv.ll (OiseJ. Chapiteau de la nef.
D'autres motifs se rencontrent assez souvent à côté de ces cloisonnages, comme
des stries dessinant des feuillages rudimentaires (fig. 606), des enroulements de diverses formes (fig.
607) ou des entrelacs, etc. Les chapiteaux de cette catégorie sont particulièrement nombreux dans l'Ilede-France; il y en a des, suites très variées dans les églises de Bur}', Oulchj'-le-Château, Morienval, etc.
L'emploi de l'entrelac pour la décoration des chapiteaux est sans doute une survivance de l'art carolingien, car on sait de quelle vogue immense les entrelacs ont joui sous Charlemagne et les rois de sa dynastie. Les entrelacs que l'on rencontre sur les chapiteaux romans présentent des combinaisons infiniment plus variées que les entrelacs carolingiens, leur dessin est plus compliqué et les éléments qui les composent présentent un autre caractère. Cependant il est des cas où la ressemblance avec les types carolingiens est si grande que l'on peut se demander, comme dans un chapiteau du clocher de Brantôme (fig. 608), si on a devant les yeux une œuvre romane ou un morceau plus ancien qu'on aura jugé bon de réemployer.
Ajoutons que certains chapiteaux à entrelacs sont inspirés de prototypes antérieurs à l'époque carolingienne.
Tels sont ceux dont la corbeille est entièrement couverte d'un lacis qui rappelle un travail de vannerie, comme on en voit au joli cloître de Saint-Bertrand de Comminges (fig. 609) ou au portail de Sainte-Gemme (fig. 597)- Les Byzantins, en efl^et, plusieurs siècles avant l'époque romane, pratiquaient déjà ce genre de décoration.
Mais l'entrelac employé seul, quelque élégants contours qu'il dessine, et de quelque façon qu'on
cherche à en rehausser la sécheresse, offrait une monotonie qui ne pouvait satisfaire des artistes aussi consommés que ceux du xii" siècle. Aussi quand ils en
Xeiirdein pli,
Brantôme (Dordogne). Chapiteau du clocher.
CHAPITKAUX A F.NTKRLACS
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font usage, ce qui est fréquent, préfèrent-ils le mêler à d'autres motifs de décoration. Les Byzantins déjà avaient eu cette idée, et on a conservé en Orient et en Italie quelques spécimens de chapiteaux à entrelacs du V ou du \'i'' siècle, dont la partie inférieure est une corbeille de vannerie et le haut une combinaison de feuillages, de volutes et quelquefois d'animaux ' .
Nous avons quelques imitations romanes de ce type. Mais les artistes romans ne se contentaient pas d'imiter, ils savaient créer, et nous devons à leur esprit d'invention de très nom-
^ Ph M. H.
breuses variétés de chapiteaux où Fig- 609. — Saint-Bemaudde Commingcs tHaute-GaronncJ. ,, . 1 r -11 1 Chapite.iu du cloître.
1 entrelac forme avec le leuiUage les
plus heureuses combinaisons. C'est dans la région de l'Aquitaine qui s'étend entre
Aurillac et Bordeaux que l'on rencontre les échantillons les plus remarquables et les plus riches de ce genre de combinaisons, par exemple à Figeac -, à Aurillac ', à Saint-Pierre-Toirac, à Saint- Seurin de Bordeaux, etc.; mais on en a tait dans bien d'autres provinces, et il existe une très nombreuse famille de chapiteaux avec feuillages montés sur de longues tiges dont les capricieux enroulements dessinent des entrelacs compliqués (fig. éio) qui n'ont plus aucun rapport avec les ^ , . ,. , '•''''•"J'^^p''- modèles byzantins.
rig. 61U. — Avignon. Musée. -^
Parmi les chapiteaux aux formes très sommaires, il faut encore citer le chapiteau cubique (fig. 243). C'est une masse sphérique, coupée par deux plans horizontaux à hauteur de l'astragale et du tailloir
I. Ainsi dans la basilique de Saint-Clément à Rome (Rivoira, t. I , p. 47); dans la crypte d'Otrante (Ilnd., t. II, p. 467); dans l'église du Saint-Sépulcre et la mosquée d'El-Aksa à Jérusalem (Ihid., t, II, p. 22, 25) ; à Saint-Marc de
Venise (Nouv. Archives des Missions scient., 191 1, fasc. III, pi. 3).
2. Chapiteau servant de bénitier dans l'église Saint-Sauveur (Enlart, Manuel, p. 389, fig. 188).