‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 323 sur 377 · DANS LE MIDI · texte numérisé non relu

DANS LE MIDI

LA SCULPTURE ROMANE

à Mauriac, où l'on admire un tympan de petite dimension (lig. 660) représentant l'Ascension ; à Ydes, où il a existé un portail précédé ' d'un porche du même type que celui de Beaulieu ; dans le Rouergue, où la célèbre abbaye de Conques nous montre un superbe Jugement dernier (fig. 661) dans lequel les influences auvergnates se confondent avec celles de l'école de Moissac ; enfin dans le Quercy, où l'on peut admirer les restes malheureusement incomplets de l'ancien portail de Souillac % un charmant petit tympan à Carennac (fig. 662), et le magni-

Fig. 660. — .\Liuriac (Cantal). Tympan de la porte principale.

fique portail de la cathédrale de Cahors '. Ce dernier, qui représente l'Ascension du Christ, est une des œuvres les plus fines et les plus élégantes de la série, mais il appartient à une époque relativement tardive, et je suis persuadé qu'il n'est pas antérieur aux belles oeuvres que le commencement du règne de Philippe-Auguste vit éclore dans le bassin de la Seine et avec lesquels il présente plus d'une analogie. L'influence de l'école de Toulouse s'est étendue vers l'Est jusqu'aux confins de la Provence. Cette région, qui a vu se former à l'époque romane une école d'architecture nettement caractérisée, a également donné naissance à une école de sculpture dont il nous reste quelques œuvres remarquables. On les a généralement beaucoup trop vieillies, surtout celles qu'on admire à Arles ou à Saint-Gilles et

1. Rocheraonteix, Bglisas loiiiaiies de la H":- fig. 2, ou mieux dans A. Michel, Flhl. tic l'nii, Auvergne, p. 462, fig. 305. t. I, p. 621, fig. 542.

2. Vitry et Brière, Docuiii. de sciilpl. ,Tpl. VIII, 3. Ibid., pL IX, fig. i.

DANS LI-: CIÎNTRI'.

big. 661. — Conques (Aveyron). Porte principale.

LA SCULPTURE ROMANE

qui ont valu à cette école la réputation dont elle jouit. En réalité la sculpture provençale n'a vraiment pris son essor que depuis le milieu du xn'= siècle, et certains morceaux qui ne peuvent être de beaucoup antérieurs à cette date, comme les bas-

. — Oueniiac (Lot). Porte principale.

NcurJein ph.

reliefs de la façade de Saint-Gabriel (fig. 663) près de Tarascon, sont encore empreints d'une lourdeur et d'une maladresse extrêmes. Meilleures sont les figurines qui ornent la façade de la cathédrale de Nimes et la grande statue de Vierge qui existait jadis dans une des églises de Beaucaire et qui n'est plus aujourd'hui qu'une épave

EN l'KOVKNCE

mutilée '. Cette même ville de Beaucaire possède une longue frise qui mérite également l'attention ; elle devait être encastrée dans la façade de l'église Notre-Dame, à une place analogue à celle qu'occupent à la cathédrale de Nimes les bas-reliefs que je viens de citer. L'église Notre-Dame de Beaucaire fut totalement reconstruite en 1754, et on transporta les restes de cette frise dans le mur oriental du nouvel édifice

Fig. 663. — Saint-Gabriel (Boiiclies-du-Rhone). Partie de la façade.

aune hauteur qui les rend difficiles à voir et à photographier. Il en existe heureusement des moulages dans la collection Didelot, que possède aujourd'hui l'Université de Montpellier, et M. Joubin, professeur d'archéologie à cette Université, en ayant fait exécuter des photographies, je puis mettre sous les yeux de mes lecteurs des gravures meilleures que celles que j'ai publiées jadis-; elles représentent le Lavement des pieds (fig. 664), un fragment de la Cène (fig. 665) et de l'Arrestation du Christ au Jardin des Oliviers (fig. GG6^, le Baiser de Judas (fig. 667). Les autres morceaux conservés comprennent le Christ devant Caïphe,

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